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Nouveau programme de financement pour la Maison Aube-Lumière de Sherbrooke

La Maison de soins palliatifs Aube-Lumière de Sherbrooke invite la communauté estrienne à financer le séjour d'un patient.

Un texte de Marie-Claude Lyonnais

Ce nouveau programme de financement a été lancé jeudi pour permettre à des résidents de continuer à recevoir des soins gratuitement et d'y séjourner sans frais.

Le programme de séjour est de dénicher des donateurs qui vont assumer les frais de séjour d'un patient, pour une période donnée.

La Maison doit recueillir un montant de 250 $ par patient par jour pour qu'il n'en coûte pas un sou aux bénéficiaires. En exemple, elle explique qu'un don de 1500 $ permet d'héberger une personne pendant une semaine et d'offrir les soins et le soutien nécessaires au bénéficiaire et à ses proches.

« On a accueilli plus de 2700 personnes gratuitement, dans nos locaux », explique Marie Bécotte, directrice générale de la Maison Aube-Lumière. « Pour financer cela, on avait déjà des activités. Mais il faut se renouveler. »

Une idée concrète, qui laisse des traces

Marie Bécotte explique que plusieurs options ont été analysées, et que cette idée s'est avérée la plus concrète pour mousser l'intérêt auprès des entreprises.

« On ne paie pas dans le vide. On paie pour une chambre, pour deux jours, pour les soins », souligne-t-elle. Il était temps, selon Mme Bécotte, de s'éloigner des méthodes traditionnelles, comme les tournois de golf et les soupers-bénéfices. 

De plus, la directrice souhaitait que les dons soient tangibles pour les gens. Ainsi, toutes les chambres ont toutes été nommées selon une espèce d'oiseau. Le donateur peut ainsi décider de « financer » une chambre particulière, à partir de la date de son choix, et ce don sera affiché pendant un an sur le site web de la Maison.

Le budget annuel de la maison d'hébergement, qui a ouvert ses portes en 1997, s'élève à 2 millions $, et le ministère de la Santé et des Services sociaux contribue pour 45 % de ce budget. 

La directrice est consciente qu'il est utopique d'espérer de combler la différence uniquement par ces dons. Elle espère tout de même obtenir 25 000 $ au cours de la première année.

Dépôt du rapport de la Protectrice du citoyen

Cette annonce survient la journée du dépôt du rapport de la Protectrice du citoyen. Raymonde Saint-Germain soutient que le cumul des compressions budgétaires imposées par Québec et les choix qui en découlent ont des répercussions certaines sur des citoyens et des entreprises.

Cela se traduit notamment par « des délais d'attente croissants » dans l'administration publique, « la diminution de l'intensité de certains services » et « des indemnités moindres dans des programmes publics ».

« Je me préoccupe de l'apparition, voire de l'intensification, de pratiques qui vont à l'encontre du respect des citoyens et de leurs droits », écrit Raymonde Saint-Germain dans son rapport annuel de 150 pages.

Parmi les lacunes soulevées, elle cite entre autres les mesures d'hygiène qui diminuent, dans les centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), et l'imposition de frais additionnels. Mme Saint-Germain révèle aussi que dans plusieurs régions et dans de nombreux établissements, les services offerts dans les unités de soins palliatifs sont déficients.

À Sherbrooke, une surcharge de travail a été observée à l'unité de soins palliatifs de l'Hôtel-Dieu. Une dizaine de lits sont vacants en raison du manque de personnel.  Les patients en fin de vie qui n'ont pas accès à l'unité de soins palliatifs se retrouvent dans d'autres unités, comme celle de chirurgie.

Marie Bécotte souligne toutefois que ces données ne touchent pas son centre d'hébergement, qui se trouve dans un créneau à part. « On a un taux de satisfaction de 97 % de notre clientèle », affirme-t-elle.

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