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Oeuvre controversée au parc Victoria : Olivier Bonnard se bute souvent à la censure

Ce n'est pas la première ni la dernière fois que l'artiste muraliste Olivier Bonnard voit ses oeuvres être modifiées malgré lui. La semaine dernière, l'oeuvre qu'il avait peinte au parc Victoria de Sherbrooke a été changée, car aux yeux de certains, elle était « sexiste ».

Un texte de Geneviève Proulx et d'Anik Moulin

La première oeuvre censurée d'Olivier Bonnard était située au centre-ville de Sherbrooke et avait été créée, en 2014, dans le cadre du Festival d'art urbain Amalgam. On y voyait un gros chien avec des créatures et des fleurs sous lui.

Cette murale était située dans un stationnement partagé avec l'église du Réveil du Plein Évangile Shekina, qui se décrit comme une communauté chrétienne multiethnique. Plusieurs membres de cette église se sont plaints au commerce où était située l'oeuvre. « Pour acheter la paix avec nos voisins, nous avons accepté de repeindre le mur. C'est dommage parce que ce n'était pas dégueulasse », a dit le propriétaire du commerce qui ne voulait pas être identifié.

En entrevue téléphonique, le responsable de l'église nuance toutefois l'événement. « Il y avait confusion. Plusieurs passants croyaient que l'oeuvre était associée à notre église ce qui n'était pas le cas. Nous avons appelé à la Ville de Sherbrooke qui nous a donné son accord pour effacer la murale. Ç'a été très long. C'est même nous qui avons payé les travaux. »

« L'image ne reflétait pas ce qu'on proclame, un message de vie et d'amour. Nous étions surpris de voir ce chien éventré avec des têtes de mort. C'est une image lugubre. Il n'y avait rien de jovial là-dedans », ajoute le responsable qui a accepté de nous parler sous le couvert de l'anonymat.

Olivier Bonnard doit peindre une autre oeuvre, mais cette fois à Montréal. « Je voulais qu'il y ait un loup dans mon oeuvre. Le croquis a été refusé, car ça ramenait à La Meute. »

Philosophe, le Sherbrookois essaie de prendre le tout avec un grain de sel.

Mea culpa de la Ville de Sherbrooke

Les élus municipaux de Sherbrooke sont revenus, lors de la séance du conseil municipal de lundi soir, sur la controverse entourant la murale du parc Victoria. Comme prévu, le conseil municipal s'est penché sur le cas de cette murale. Il a été convenu que les règles de fonctionnement internes du comité Tags et graffitis et les communications avec le Festival Bohémia n'ont pas été claires. Une analyse complète de la situation sera par ailleurs faite.

La Ville veut maintenant permettre à l'artiste Olivier Bonnard de réaliser une oeuvre dans un nouvel espace public, afin qu'il se reprenne, en quelque sorte.

« C'est un beau dénouement. C'est bon pour l'art à Sherbrooke! Je suis soulagé de la tournure des événements. Il faut qu'on arrête de se mettre des oeillères. Ce n'est pas la première fois qu'on touchait à une de mes murales. Mais là, c'était allé trop loin. Je suis vraiment content parce que ça fait avancer l'opinion publique », conclut l'artiste.

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