Le gouvernement canadien n'entend pas cesser de se mêler du dossier de Raif Badawi, comme le lui a suggéré l'ambassadeur de l'Arabie saoudite au Canada. En marge d'une conférence de presse tenue mardi, Naif Bin Bandir Al-Sudairy a exhorté le gouvernement canadien à respecter les décisions des tribunaux du royaume.

Par courriel, Affaires mondiales Canada a cependant réitéré son intention, à Riyad comme à Ottawa, de continuer à défendre la cause de Raif Badawi, emprisonné depuis plus de 5 ans en Arabie Saoudite pour des propos tenus sur son blogue.

« La promotion et la protection des droits de la personne - y compris le droit à la liberté d'expression, de conscience et de religion - font partie intégrante de la politique étrangère du Canada », a souligné le porte-parole Jocelyn Sweet.

Ce dernier a assuré demeurer en contact avec l'épouse de Raif Badawi, « une femme forte et courageuse ». Ensaf Haidar est réfugiée à Sherbrooke avec ses trois enfants. Mardi, elle a dit garder espoir que le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, intervienne directement en faveur de son mari.

Il aura d'ailleurs l'occasion de le faire en fin de semaine lors du G20 qui se déroulera en Allemagne, a-t-elle rappelé.

Amnistie réagit

Le Canada, autant sous Stephen Harper que Justin Trudeau, a souvent relevé la difficulté d'intervenir auprès des autorités saoudiennes étant donné le fait que Raif Badawi n'est pas citoyen canadien.

L'argument, cependant, est critiqué par Amnistie internationale.

« De notre côté, on se fait un peu les chiens de garde des gouvernements pour voir s'il respectent ou non les droits de leurs populations. Et non seulement on peut demander de respecter les droits s'ils sont bafoués, mais on a le devoir de le faire et pas seulement nous, mais aussi les gouvernements », relève Mireille Elchacar, porte-parole pour l'Estrie.

Le Canada a signé plusieurs traités pour faire respecter les droits, rappelle-t-elle. « [L'Arabie saoudite] aussi a signé certains traités de respect des droits, dont la convention contre la torture », a-t-elle poursuivi.

Raïf Badawi a été condamné à 10 ans de prison et 1000 coups de fouet pour avoir critiqué le régime saoudien et l'islam. La commémoration de ses 5 ans passés en prison a eu lieu en juin.

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