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Partenariat transpacifique : inquiétudes chez les producteurs agricoles de l'Estrie

La déception des producteurs agricoles est vive en Estrie devant l'entente de principe conclue lundi matin sur le Partenariat transpacifique (PTP). Dès son entrée en vigueur, l'accord marquera une brèche dans le système de gestion de l'offre.

« Suite à l'entente qu'on a signée avec l'Europe, où déjà on a concédé l'entrée de 17 700 tonnes [de fromage] et qu'on a déjà signé des accords avec d'autres pays où la gestion de l'offre avait été respectée intégralement, je pense que si la job avait été faite convenablement, il n'y aurait pas d'ouverture et on aurait quand même pu signer l'accord et que ce soit profitable pour les autres », avance le président de l'Union des producteurs agricoles de l'Estrie, François Bourassa.

Des inquiétudes aussi au Centre-du-Québec

Le président du Syndicat des producteurs laitiers du Centre-du-Québec, Denis Morin, affirme quant à lui que l'entente avec l'Europe nuit déjà aux producteurs du pays. En y ajoutant le Partenariat transpacifique, le marché vient de diminuer de 5,25 % selon lui.

« C'est sans compter les effets du PTP sur la chaîne de transformation, ajoute-t-il, qui subira elle aussi des pertes « dans le même ordre de grandeur ». « C'est certain que ça va poser des difficultés et que ça va créer des pertes d'emploi », craint-il.

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L'UPA continue sa lutte

Malgré la signature du PTP par Ottawa, François Bourassa n'est pas prêt à lancer serviette. Il  craint que cette brèche de 3,25 % augmente au cours des années. « Ce qu'on a vécu cet été - la forte baisse du prix du lait à cause des protéines laitières importées - ce sont des mailles qu'il y a dans le filet et que le gouvernement pourrait resserrer », souligne-t-il.

« Notre prochain combat, c'est de faire en sorte que le gouvernement s'engage à les faire respecter, les règles », assure-t-il. 

Autre son de cloche

Toutes les réactions ne sont pas négatives pour autant. Dans une citation fournie par l'entremise du ministère canadien du Commerce international, l'Association des producteurs de canneberges du Québec s'est dite « heureuse des vastes opportunités d'exportations qu'apportera le PTP lorsqu'il entrera en vigueur. »

« Autant le fruit frais que les canneberges surgelées, le jus et les canneberges sucrées et séchées profiteront de la participation du Canada au PTP. Nous espérons une mise en œuvre rapide de l'accord et l'élimination des tarifs douaniers de 5 % et 30 % selon le produit et le pays », affirme sa directrice générale, Monique Thomas.

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