Retour

Partenariat transpacifique : les producteurs de canneberges s'en réjouissent, les producteurs laitiers s'en inquiètent

Les producteurs de canneberges québécois voient d'un bon œil l'ouverture de nouveaux marchés que leur procure le Partenariat transpacifique (PTP) conclu lundi. La canneberge fait partie des produits canadiens qui seront plus faciles à exporter grâce à l'accord de libre-échange.

Un texte de Michelle Raza

La directrice générale de l'Association des producteurs de canneberges du Québec Monique Thomas croit que cette nouvelle entente va définitivement aider les producteurs et les entreprises de transformation de la canneberge à diversifier leurs marchés.

Les producteurs de canneberges se réjouissent entre autres du fait que le commerce avec l'Asie sera plus simple. Au Japon, l'élimination des droits tarifaires de 16,8 % sur les canneberges sèches sucrées pourrait se traduire par une augmentation des exportations canadiennes.

Si la canneberge ne fait pas partie du régime alimentaire traditionnel en Asie, Monique Thomas croit tout de même que le marché est propice à adopter le petit fruit rouge. « En Asie, les goûts acide et âpre ont la cote; or la canneberge, ça tombe dans ces goûts-là! »

Le plus gros marché pour les produits transformés de la canneberge demeure toutefois les États-Unis, où s'écoulent 80 % des canneberges séchées et du jus de canneberge, notamment.

Monique Thomas rappelle que les producteurs du Québec sont capables de produire encore davantage de canneberges. L'ouverture des marchés de 11 pays étrangers pourrait alors justifier une hausse de leur production et engendrer de nouveaux emplois.

80 % des producteurs de canneberges du Québec sont situés dans la région du Centre-du-Québec, qui compte aussi trois entreprises de transformation de la canneberge.

Pour entendre l'entrevue de Monique Thomas à l'émission Chez nous le matin, cliquez ici.

Les producteurs laitiers du Centre-du-Québec inquiets

L'optimisme des producteurs de canneberges est loin d'être partagé par tous les autres secteurs du Centre-du-Québec touchés par le PTP.

Au Centre-du-Québec, les producteurs laitiers s'inquiètent de la fin de la gestion de l'offre. « C'est bien certain que ça va avoir des conséquences sur notre secteur », affirme Denis Morin, le président du Syndicat des producteurs laitiers du Centre-du-Québec.

Lui-même producteur laitier à Sainte-Élizabeth-de-Warwick, Denis Morin rappelle que l'ouverture de 3,25 % du marché canadien des produits laitiers à des produits étrangers s'ajoute aux 2 % consenti en 2013 dans l'entente Canada-Europe. « Si on additionne les deux ententes, c'est 5,25 % de marché en moins. Pour une ferme moyenne de 60 vaches, c'est comme si on venait de tuer nos trois meilleures vaches. C'est environ 20 000 $ de revenus en moins », explique Denis Morin.

Le Centre-du-Québec est la plus importante région de production laitière au Québec. On y recense 850 fermes laitières, qui produisent 14 % du lait de la province.
Le président du syndicat centricois se demande aussi si les produits laitiers provenant de l'étranger seront bien identifiés sur les tablettes.

Pour entendre l'entrevue de Denis Morin à l'émission Chez nous le matin, cliquez ici.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un avion s'écrase dans un arbre





Rabais de la semaine