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Partenariat transpacifique : « Une moins bonne nouvelle pour les producteurs laitiers et de volaille », dit Pierre Paradis

Le ministre québécois de l'Agriculture et le député de Brome-Missisquoi, Pierre Paradis, reconnaît que l'entente du principe en vue d'un accord de libre-échange dans la zone Asie-Pacifique signifie des pertes de revenus pour les producteurs d'oeufs, de volailles et de lait.

Un texte de Geneviève Proulx

« Comme ministre de l'Agriculture, je mets les bottes d'un agriculteur et je réagis un peu différemment selon le secteur où j'opère. Pour les 60 % d'agriculteurs qui ne sont pas régis par la gestion de l'offre, c'est une bonne nouvelle. C'est un accès à un marché de consommateurs estimé à 800 millions de personnes. C'est sans précédent! [...] Pour les producteurs de lait, de volaille, de dinde, d'oeuf, la nouvelle est moins bonne parce qu'elle est cumulative. »

Le ministre fait référence à l'accord de principe conclu avec l'Union européenne. « Le marché des producteurs de lait a été frappé par 17 500 tonnes de fromage. On ajoute un accès au marché canadien de 3,25 %. C'est coup sur coup. Comment peut-on corriger la situation? Le diable est dans les détails et c'est sur quoi on travaille maintenant. »

En faisant tomber des mesures de protection des marchés, la libéralisation rend généralement certaines industries plus vulnérables. Les producteurs canadiens d'oeufs, de lait et de volaille, par exemple, redoutent donc l'abandon du système de gestion de l'offre, et ce, même si de nouveaux programmes de compensation à long terme leur seront offerts. Les programmes d'aide fédéraux visant à compenser les pertes de ces producteurs doivent être bien adaptés et s'ajustent au Québec, soutient Pierre Paradis. 

Le ministre Paradis s'inquiète aussi de la qualité des produits laitiers importés. Il donne l'exemple du recours aux hormones de croissance, ce qui est interdit au Canada, mais permis aux États-Unis. « Tout le monde dénonce le manque de contrôle aux douanes. Il faut aussi s'assurer que nous avons des mesures de réciprocité. Les producteurs américains sont subventionnés et ils ont leur droit de piquer leurs vaches avec des hormones de croissance. Est-ce qu'on va permettre du lait qui vient de vaches piquées aux hormones de croissance de traverser la douane? On a besoin d'éclaircissement du gouvernement fédéral. On a le droit de savoir d'où proviennent les produits que l'on mange! »

Il entrevoit une longue période de négociations avec Ottawa.

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