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Pas de projet de disc golf au parc Victoria, disent les citoyens consultés 

Le projet de Destination Sherbrooke d'intégrer un parcours de disc-golf au parc Victoria a rassemblé, lors de la consultation publique jeudi, au moins une cinquantaine de citoyens se disant inquiets pour leur sécurité et le milieu naturel. Et pour leur répondre, seule une poignée de jeunes amateurs de disc-golf étaient présents.

Un texte de Christine Bureau

« C'est un bijou [le parc Victoria]. C'est une forêt en équilibre. Vous avez une dynamique vraiment exceptionnelle. Pourquoi avoir choisi ce site-là ? Vous allez être obligés de jouer dans la régénération de la forêt », a lancé Carl Dubé, qui s'est présenté comme un ingénieur forestier.

L'un des membres du comité des amis du parc Victoria, Jean Dupuis, a quant à lui demandé à voir une étude. « Vous n'avez pas fait de demandes à des spécialistes sur l'impact sur l'environnement, c'est exact ? » s'est-il inquiété.

« On va s'intégrer au milieu naturel. C'est l'esprit même du sport et si on s'y intéresse, c'est parce que ça respecte l'environnement », a répliqué le directeur général de Destination Sherbrooke, Denis Bernier. Pour l'instant, cependant, aucune étude environnementale n'a été faite.  

Il précise toutefois qu'« aucune coupe d'arbres n'est prévue ». Des souches et du bois mort pourraient cependant être déplacés et de petits arbres pourraient également être coupés, « si nécessaire ».

Le parcours

Le projet de Destination Sherbrooke est de créer un parcours de disc-golf - un sport similaire au golf, où la balle est remplacée par un disque et le trou, par un panier métallique - dans un espace qui occuperait le quart du parc Victoria. 

À l'instar du golf, un parcours de disc-golf comprend 18 trous, donc 18 paniers, sauf que le parcours se ferait dans le bois, et non sur des terrains gazonnés. Selon Destination Sherbrooke, 40 % des joueurs de disc-golf sont des retraités, 10 % sont des enfants et un autre 10 % est composé de sportifs.

L'organisme estime que le parcours - un investissement de 126 000 $ - pourrait attirer près de 5000 joueurs par année. Ce dernier répondrait également à des normes permettant la tenue de tournois d'envergure nationale.

Une pratique risquée? 

C'est justement la popularité du sport qui inquiète les amants du parc Victoria. Denis Laroche, l'un de ceux qui organisent des activités de danse sociale au parc, dit craindre de voir ses activités perturbées. Mais selon Destination Sherbrooke, « la cohabitation est possible » et il n'est pas question de déplacer des activités déjà existantes.

En cas de tournoi, par exemple, les visiteurs du parc seraient avertis et une signalisation indiquerait qu'un parcours de disc-golf est en place. « Je me demande toujours comment je vais faire pour marcher et ne pas recevoir un disque à 144 km/h? » s'est néanmoins questionné une citoyenne, Josée Sirois.

« Dans le design d'un parcours, le premier critère, c'est la sécurité. [...] La sécurité est faite en mesure [de voir] un vélo qui peut arriver à 80 km/h », a répliqué Peter Lizotte, un amateur du disc-golf de longue date.

D'autant plus que de nombreux joueurs d'ultimate frisbee ou de disc-golf utilisent déjà le parc pour s'entraîner, ont raconté de jeunes amateurs du sport. Selon Fabrice Lussien, un « parcours non-officiel » existe déjà depuis de nombreuses années, bien connu des amateurs.

« Ça fait 10 ans qu'il y a des personnes qui jouent au disc golf, que des trous fictifs ont été créés [...] et on n'a jamais eu, à ma connaissance, de plaintes de marcheurs comme quoi on pouvait causer des désagréments », a-t-il témoigné.

La prochaine étape

Le conseil d'administration de Destination Sherbrooke doit se pencher sur le dossier le 27 avril prochain. L'Association des amis du parc Victoria déposera son avis sur le projet au cours des prochains jours.

De son côté, le président de Destination Sherbrooke, le conseiller municipal Rémi Demers, a tenu à rassurer les citoyens présents. « Tout ce qui a été dit sera consigné et sera rapporté de manière objective au conseil d'administration », a-t-il répété.

La conseillère Hélène Dauphinais était également présente à la consultation. Positionnée contre le projet dès le départ, elle a bon espoir de voir que le message des citoyens a été entendu.

« Ça m'apparaissait assez clair. Oui, il y a des gens qui veulent jouer au ultimate frisbee dans de beaux milieux, mais à côté de ça, il y a des gens qui disent : "c'est un milieu unique. Il ne faut pas le détruire, il faut le préserver". »

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