Les journées de travail de Francis Roy sont loin d'être banales ces jours-ci. Chaque jour, le Sherbrookois grimpe à bord d'une nacelle qui le monte à plus de 70 m dans les airs afin qu'il puisse repeindre l'imposant clocher central de l'église Saint-Jean-Baptiste. Incursion dans un travail de moine qui le fait monter au ciel!

Un texte de Geneviève Proulx

D'imposants travaux, évalués à 2,7 millions de dollars, sont en cours dans cette église de la rue Conseil. Entre autres, le clocher central, haut de 70 m, doit être complètement repeint et c'est Francis Roy qui s'est retrouvé avec ce mandat inusité.

« C'est une belle expérience. Je me suis rendu compte que je n'avais pas peur des hauteurs. Je ne me suis pas donné peur encore en tout cas. J'en profite pour prendre des photos, admirer la vue. Je regarde où mes amis restent et je leur envoie des photos », raconte-t-il en riant.

Avant que Francis Roy ne se mette à l'oeuvre, un nettoyage complet du clocher a été fait. Des réparations ont également été effectuées. « Dans un premier temps, ce qu'on fait c'est de mettre une couche d'apprêt. Ensuite, on y va avec la couche de finition, une peinture à base d'huile, un produit antirouille qui donne un fini aluminium comme il y avait anciennement. C'est un peu de la restauration que l'on fait. » Au total, il faudra près de 115 litres d'apprêt et autant de peinture pour recouvrir l'entièreté du clocher principal.

Le vent peut jouer les trouble-fête dans son boulot. « Quand il vente à plus de 45 km/h, on ne peut pas monter. Les grosses rafales peuvent aussi compliquer notre travail. Quand il fait chaud, c'est agréable de travailler si haut par contre. Le petit vent fait du bien », rappelle-t-il.

Mais reste que lorsque l'on se retrouve si haut dans les airs, ce petit vent comme l'appelle Francis Roy, amène son lot de complications. « La semaine passée, je peinturais la croix en haut, il y avait des rafales. Ça bouge beaucoup plus! Quand il y avait du vent, je devais me tenir après la croix et peinturer en même temps. C'était aussi difficile quand j'ai peinturé près du paratonnerre parce qu'il ne doit pas y avoir de peinture dessus. S'il y en avait que la foudre tombe dessus, ça prendrait en feu! » analyse celui qui est à l'emploi de Peinture Expert.

En toute sécurité

En tout temps, le peintre, qui est attaché solidement à l'aide d'un harnais à la nacelle, est en contact avec l'opérateur de la grue. Une deuxième personne est au sol et est chargée de superviser les opérations de la grue et de la nacelle. « C'est pour éviter de fausses manoeuvres. Quand je suis de l'autre côté du clocher, il ne me voit pas. C'est moi qui dois lui dire de se tasser ou de baisser la cage. »

Videotron possède une antenne sur le toit de l'église. Lorsque le peintre travaille à cette hauteur, l'entreprise doit couper les signaux. « Il n'y a pas de danger quand on est au-dessus ou en dessous, mais devant, les ondes peuvent nous griller! C'est puissant! » dit M. Roy.

Le rouleau de Francis Rouleau se fait aller depuis une semaine déjà sur le clocher de l'église. Il estime qu'il lui reste encore cinq à six semaines de travail. « Quand je vois ça, je sais que c'est moi qui l'ai fait. C'est l'fun quand on passe à côté. Peut-être que je vais signer mon nom quelque part », dit-il en riant.

Les coûts reliés à la peinture sont estimés à 50 000 $. La dernière restauration du clocher remonte à près de 20 ans. C'est Construction Turco qui chapeaute le projet, une entreprise sherbrookoise spécialisée dans les travaux en hauteur.

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