Pour maximiser et rendre plus agréable le séjour des visiteurs et des patients à l'hôpital Fleurimont du CIUSSS de l'Estrie-CHUS ou à l'Hôtel-Dieu, un peu plus de 6000 employés travaillent dans les coulisses des deux centres hospitaliers, soit l'équivalent d'une municipalité de la taille de Lac-Mégantic. Lors d'une balade, nous avons rencontré cinq personnes qui font une différence au quotidien dans l'établissement de Fleurimont.

Jacques Couture, surveillant en établissement

En entrant par la porte principale de l'hôpital Fleurimont du CIUSSS de l'Estrie-CHUS, derrière la vitre située sur le mur à droite, on peut y saluer Jacques Couture.

« Je suis à la sécurité depuis 21 ans. On dirige les gens parce que, souvent, ils ne savent pas où aller. C’est grand l’hôpital. Aussi, au moins 50 % de notre travail, c’est de répondre aux questions reliées au stationnement. On change [de poste] toutes les heures. On fait deux heures de patrouille pour une heure de bureau parce que passer une journée ici, ça deviendrait lassant. »

En mode patrouille, il doit donc, à l’occasion, intervenir lorsqu’un code blanc est émis, c’est-à-dire lorsqu’un patient est agité et qu’il doit être maîtrisé. Il doit aussi répondre à une alarme d’incendie qui résonne. « Ce n’est jamais arrivé depuis que je suis en service ici », tient-il à préciser.

Bientôt, Jacques Couture n'enfilera plus son uniforme.

« Dans huit mois, je quitte pour une autre vie. J’ai hâte, mais c’est du nouveau. Ça devrait bien se passer. Je vais avoir pas mal d’activités chez nous. Je n’aurai pas le temps de m’ennuyer de l’hôpital. »

Ses collègues, qui n’ont pas cessé de le taquiner le temps de l’entrevue, s'ennuieront certainement de « leur Jacques » parti à la retraite.

Hélène Loiselle, chef de l’urgence à l’Hôtel-Dieu et Josée-Anne Fredette, chef de l’urgence par intérim à Fleurimont

Cette journée-là du mois d’octobre, Hélène Loiselle et Josée-Anne Fredette participent toutes les deux à une réunion à l'hôpital de Fleurimont. Elles se rencontrent à l’occasion pour discuter de la gestion de leur urgence respective.

« Notre travail se ressemble même si nous avons chacune nos urgences et nos réalités. On fait beaucoup de gestion de proximité avec notre personnel, on essaie d’être là pour la clientèle et on doit représenter nos équipes dans les différents comités », explique Mme Fredette.

« Diminuer les délais d’attente, c’est toujours notre priorité, ajoute Mme Loiselle. L’objectif principal, c’est de donner des soins de qualité au moment opportun pour le patient. L’urgence, c’est ça. Il faut détecter les patients qui sont à risque de se détériorer et les traiter rapidement. »

L’enjeu est de taille compte tenu du nombre de visiteurs. « Il y a une journée pendant laquelle les infirmières de jour ont dû trier 101 patients entre 8 h et 16 h. C’est du monde qui arrive! Normalement, ça joue entre 80 et une centaine de visites. C’est du volume d’activité qu’il ne faut pas surestimer », précise Hélène Loiselle qui affirme travailler avec des « équipes du tonnerre » depuis 11 ans.

Selon les deux femmes, il y a un peu plus de visites à l’urgence de l’Hôtel-Dieu qu’à celle de Fleurimont. Toutefois, la différence des cas qui y sont traités fait en sorte de la tenir tout aussi occupée. Elles dénombrent environ 48 000 visites annuellement.

« L’adrénaline nous tient. On adore ça », clament les deux femmes.

« Quand on travaille à l’urgence, c’est parce qu’on aime ça. Quand on a un cœur d’urgence, on a de la misère à sortir du milieu », conclue Josée-Anne Fredette en regardant sa collègue qui acquiesce le visage heureux.

Chantal Lafrenière , technologiste médicale au laboratoire de banque de sang

« Il y a des fois où c’est tranquille et puis, tout à coup, il y a un trauma qui arrive, ça saigne au bloc [opératoire], ça devient le chaos. »

Les technologistes comme Chantal analysent le sang des patients pour les transfuser avec du sang compatible.

Ce sont près de 4000 poches de sang d'environ 300 ml chacune qui sont transfusées en moyenne par année. Le sang est fourni par Héma-Québec et est prêt à être utilisé, mais les technologistes recontrôlent le groupe sanguin.

« Le sang doit être gardé au réfrigérateur. Il est bon pendant 42 jours une fois prélevé. On a des dates de péremption à respecter. Le plasma est congelé, il doit être décongelé. Les plaquettes sont gardées à la température pièce. On a de tout. Toutes les températures sont précises. Aussitôt qu’il y a quelque chose qui ne fonctionne pas, on change de réfrigérateur pour être certain que tout se conserve adéquatement. »

Dans le local où Chantal travaille, il trône donc au milieu de la place un immense réfrigérateur à huit portes, l'équivalent d'environ quatre réfrigérateurs. Bien sûr, on y trouve les poches de sang, mais aussi des poches de facteur de coagulation et d'immunoglobuline. La température à l'intérieur est maintenue entre un et cinq degrés Celcius.

Le type de sang O négatif est le plus rare. « On essaie d’en avoir le plus possible parce que c’est celui-là qu’on donne rapidement au trauma. Dès qu’on connaît le groupe sanguin, on s’ajuste. »

En 13 ans, Chantal Lafrenière s’est promené à quelques reprises dans différents départements. Il y a cinq ans, elle s'est posée au laboratoire de banque de sang. L’imprévu de son travail la comble. « Il y a des journées faciles, d’autres plus difficiles. On ne sait jamais ce qu’il va arriver. On a une belle équipe. De jour, on est six ou sept. On a une belle complicité. »

La froideur du réfrigérateur est inversement proportionnelle à la chaleur humaine qui se dégage du département.

Stéphanie Sousa, brancardière

À la fin d’une journée de travail de 7 h 15, Stéphanie Sousa aura marché environ entre 12 et 18 km. Elle est une stau. Une stau?

Tous les brancardiers portent le titre de préposé aux bénéficiaires. Depuis un certain temps, ils portent aussi le titre de stau. « Ça veut dire service de transport aux usagers. On est des stau, mais personne ne comprend », dit Mme Sousa en riant.

Depuis trois ans, Stéphanie Sousa arpente les couloirs de l'hôpital Fleurimont du CIUSSS de l'Estrie-CHUS pour assurer le transport interne du matériel ou des patients.

« Moi, je ne compte pas mes pas, mais il y en a qui le font. On bouge énormément. Ce que j’aime, c’est d’être avec les patients. »

« C’est mon gros fun de jaser aux patients. On jase de tout, de la première chose qui me passe par la tête. Mon but, c’est de lui donner un bon moment, même si ça dure juste cinq minutes. Comme si c’était mon papa ou ma maman. Mon boss va pouvoir te le confirmer, je suis très sévère, je ne déplace pas mon patient tant qu’il n’est pas bien. Je peux m’obstiner avec une infirmière et lui dire que je ne le transfère pas. Je tiens à ce qu’il soit bien. Je vais lui mettre des couvertures, par exemple. Malheureusement, on ne peut pas toujours les asseoir parce qu’on doit voir où on s’en va avec les civières. »

Sa voix douce et chaleureuse est certainement réconfortante.

Michel Rouleau, cuisinier

Difficile de ne pas remarquer Michel Rouleau derrière un des comptoirs de la cafétéria. Son bonheur d’être là s’entend. Rapidement, il annonce avec fierté qu’il est le cuisinier avec le plus d’ancienneté de son service. Il compte 30 années derrière le tablier.

« C’est la sécurité d’emploi, le contexte de travail qui font que je suis encore-là. C’est un bon milieu. En plus, je suis au comptoir gourmand. C’est un menu plus raffiné, ça tombe dans mes cordes. Je peux jouer avec les assaisonnements comparativement aux menus destinés aux patients qui sont standardisés. »

Le gyros au poulet ou l’assiette grecque sont des valeurs sûres semble-t-il. La soupe-repas aux fruits de mer est relevée à souhait.

Michel ne se fait pas prier pour accompagner son service d'une petite jasette.

« On sert entre 225 et 275 personnes par repas, par jour. J’aime jaser. Les gens se sentent bien accueillis au comptoir et ils savent que c’est bon et qu’on est content de servir ce que l’on a cuisiné. En général, oui, il y a beaucoup de gens qui me connaissent. Mais c’est certain que ceux et celles qui sont entrés en même temps que moi, ils commencent à partir [à la retraite]. Dans 4 ans ça va être mon tour », dit-il sans une ombre de lassitude dans la voix.

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