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Plus d'un employé malade sur trois au CIUSSS de l'Estrie - CHUS évoque des raisons psychologiques

Les congés de maladie durant la dernière année ont coûté plus cher au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l'Estrie - CHUS, révèlent des documents obtenus par Radio-Canada, et les employés malades sont plus nombreux à prendre un congé pour des raisons d'ordre psychologique. L'assurance salaire a coûté deux millions de plus à l'organisation, mais impossible de savoir combien d'employés sont concernés. Cependant, de plus en plus d'entre eux prennent un congé de maladie

Un texte de Christine Bureau

Dans plusieurs établissements, la situation s'est empirée depuis la création du CIUSSS de l'Estrie - CHUS, le 1er avril 2015.

Au CSSS du Val-Saint-François, par exemple, la moitié des personnes en arrêt de travail le sont pour des raisons psychologiques. Les chiffres dépassent les 40 % au Centre de réadaptation de l'Estrie, à l'École de réadaptation de l'Estrie et aux CSSS du Haut-Saint-François, des Sources et du Val-Saint-François.

La situation est encore plus préoccupante au Centre Jeunesse de l'Estrie. En 2013 et 2014, 43 % des congés de maladie étaient dus à des raisons psychologiques. Puis, dès 2015, le chiffre grimpe à 68 %.

« On n'a jamais eu autant de recours en fardeaux de tâches, de lourdeur de tâches et le nombre d'équipes en détresse est incroyablement élevé. Depuis l'adoption du projet de loi 10, on sent que le climat de travail s'est beaucoup dégradé », atteste le président du syndicat du personnel des employés du CJE (CSN), Steve Lemieux.

L'automne dernier, la CSN avait dévoilé les résultats d'un sondage fait auprès de ses membres, qui révélait que l'augmentation des tâches administratives faites par les employés des centres jeunesse à la suite des compressions budgétaires créait une « surcharge et un épuisement professionnel ». « C'est 31 % des gens sondés qui ont eu besoin à un moment ou l'autre d'un congé de maladie », précise M. Lemieux.

Il regrette de ne plus avoir accès aux données du CIUSSS sur ces départs en maladie. « C'est un sujet tabou. On ne nous les donne plus », dénonce-t-il.

Un problème répandu

Même son de cloche du côté de la Fédération de la santé et des services sociaux - CSN. « Chaque établissement que j'ai consulté au niveau syndical, chacune des personnes me dit que le nombre d'absences est vraiment à la hausse par rapport à il y a un an ou deux », note le vice-président régional Laurent-Paul Maheux.

Selon lui, il ne fait aucun doute que ces départs en congé de maladie sont majoritairement liés aux conditions de travail.

« Ce n'est pas vrai que c'est essentiellement pour des raisons personnelles, on nous sert ça depuis le début. Moi, dans les dossiers dont je m'occupe au Centre jeunesse, ce n'est pas le cas », assure-t-il.

Un plan d'action à venir

La direction du CIUSSS de l'Estrie se dit préoccupée par le problème. Elle affirme avoir déjà mis sur pied un plan d'action pour venir en aide aux employés qui vivent des situations difficiles, mais également afin d'agir en prévention.

« On va essayer de rencontrer les directions où il y a des zones de vulnérabilité un peu plus importantes pour essayer de comprendre pourquoi on a recours un peu plus à l'assurance salaire dans ces secteurs là afin d'être en mesure de travailler sur les bons outils, au bon endroit », assure Annie-Andrée Émond, responsable des communications au CIUSSS de l'Estrie - CHUS.

Il leur reste cependant à analyser les informations cumulées depuis le 1er avril 2015. « On travaille activement à avoir une vision claire de nos données avant de les partager », souligne-t-elle. Les directions des établissements doivent cependant être rencontrées prochainement.

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