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Plus de 100 personnes à la 100e vigile pour Raif Badawi

Le froid et les timides flocons de neige n'ont pas freiné les militants pour la libération de Raif Badawi à Sherbrooke, jeudi soir.

Ils étaient plus d'une centaine, chandelle à la main, à prendre place devant l'hôtel de ville, pour encore une fois demander qu'on libère le blogueur emprisonné pour insulte à l'islam.

« Les mots sont difficiles à trouver. Ça me touche beaucoup », a confié sa conjointe Ensaf Haidar, avant d'aller prendre part aux traditionnels coups de tambour.

Dans une atmosphère solonelle, plusieurs ont pris la parole pour parler de laïcité, de paix et de l'importance la liberté d'expression.

« C'est vraiment impressionnant », a lancé Béatrice Vaugrante, directrice générale de la section d'Amnistie internationale au Canada francophone à la foule de militants.

« C'est ça qu'il faut pour libérer des prisonniers d'opinion. On ne lâchera pas! »

Et si le but n'est pas encore atteint, ajoute Mme Vaugrante, il faut néanmoins souligner certaines petites victoires.

On a certainement contribué à faire que les coups de fouet cessent et faire connaître le bilan dévastateur de l'Arabie saoudite en matière de droits de l'homme.

Béatrice Vaugrante, directrice générale de la section d'Amnistie internationale au Canada francophone

« Même si quelqu'un y a pensé de faire ces rassemblements, s'il n'y avait pas de monde, ça n'existerait pas. Ça prend l'effort collectif pour réussir », a pour sa part lancé Jane Hospes, l'instigatrice des vigiles.

Jean-Thomas Courchesne était présent avec sa famille, lui qui a adopté de coeur celle du prisonnier.

« Nous sommes devenus amis avec Ensaf Haidar. C'était important pour nous d'être ici », raconte-t-il.

« Je trouve ça terrible de voir Ensaf séparée de son mari depuis si longtemps », a confié Marithé Beaulin, émotive.

Raif Badawi est puni pour avoir exprimé sa pensée. C'est comme si j'étais emprisonnée parce que je parlais contre Philippe Couillard.

Marithé Beaulin

« S'il peut être libéré, d'autres le seront peut-être l'être aussi. Ça pourrait faire boule de neige », espère Mme Beaulin.

« C'était magnifique de voir qu'après tout ce temps-là, les gens n'oublient pas », a témoigné Mireille Elchacar, d'Amnistie internationale, en rappelant que Raif Badawi est emprisonné depuis environ quatre ans et demi maintenant.

Cette 100e vigile n'était pas une fête, précise-t-elle.

« Mais c'est un peu un célébration de la solidarité, de la famille qui s'est créé autour d'Ensaf. »

« On n'a pas d'indices clair. On sait que le gouvernement canadien a fini par clairement demander sa libération. Amnistie internationale fonctionne sur l'espoir. On a toujours espoir que ça change et c'est pour ça qu'on continue », a-t-elle conclu.

La 101e vigile pour Raif Badawi aura lieu le vendredi 2 décembre.

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