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Plus de 8 M$ en indemnités de départ au CIUSSS de l'Estrie-CHUS

La fusion de tous les établissements de santé pour former le CIUSSS de l'Estrie-CHUS aura coûté plus de 8 M $ en indemnités de départ, a appris Radio-Canada Estrie.

La direction de la santé et des services sociaux de la région a accordé 8,2 millions de dollars d'indemnités de départ à ses cadres dont les postes ont dû être abolis en 2015, à la suite de la fusion des 14 établissements du territoire du CIUSSS de l'Estrie-CHUS.

Il s'agit d'indemnités prévues selon le décret des cadres, qui est régi par une loi. Au total, 78 cadres sur 603 ont été appelés à quitter l'organisation nouvellement formée.

La mesure avait pour but d'économiser quelque 45 millions de dollars, soutient le directeur des ressources humaines au CIUSSS de l'Estrie-CHUS, Gilles Michaud.

« Pour nous, c'est 9 millions de dollars d'économies récurrentes, donc à chaque année sur une période de 5 ans on parle de 45 millions de dollars. L'idée en arrière de cette réforme-là était de réduire les frais administratifs pour soit maintenir ou investir dans les activités cliniques », explique-t-il.

Si les abolitions de postes permettent des économies importantes, elle occasionne également des pertes de service, déplore cependant Emmanuel Breton, porte-parole de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux en Estrie.

« Les gestionnaires maintenant doivent s'occuper de deux, voire trois établissements, donc ils sont de moins en moins présents sur le plancher, de moins en moins en contact avec les membres de leurs équipes et donc de moins en moins en capacité de voir les besoins réels des équipes qui donnent des soins aux patients estriens », mentionne M. Breton.

« Une fusion de 14 établissements, des cultures très différentes. Notre souci actuellement c'est vraiment d'accompagner nos gestionnaires dans leur nouveau rôle. Leur rôle qui a changé. Il faut comprendre qu'il y avait des structures par établissement, on est venu éclater ça », se défend toutefois Gilles Michaud.

Pour les cadres restés en poste, la période d'ajustement n'est pas complètement terminée, convient-il.

« Effectivement, c'est un enjeu : on est devenu une grande organisation. »

Appelé à commenter la situation, le ministre de la Santé, Gaetan Barrette, n'avait pas répondu aux questions de Radio-Canada au moment d'écrire ces lignes.

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