Retour

Poules pondeuses : le futur règlement bien accueilli par les citoyens

Le futur règlement qui légifèrera la garde de poules urbaines à Sherbrooke a été accueilli favorablement mardi soir à l'hôtel de ville, où un peu plus d'une trentaine de personnes ont participé à la consultation publique.

« Je redoutais un peu ce moment-là. J'aurais même préféré auparavant que le règlement ne passe jamais, parce que j'avais des craintes entourant toutes les restrictions qui seraient mises, mais il y a une liberté dans ce qu'ils nous offrent comme la grandeur du poulailler et la façon de le monter », mentionne Shirley McDuff, qui n'aura que quelques ajustements à apporter à son poulailler pour le rendre conforme.

Après avoir cédé à la tentation de détenir des poules l'an dernier en dépit de l'interdiction en vigueur, Odette Boucher se disait rassurée de pouvoir les conserver sans crainte de devoir démanteler son poulailler.

« J'ai toujours voulu des poules depuis que je suis toute petite. Ça faisait six ans que j'attendais un règlement, j'avais hâte que ça passe [...] Je n'avais pas fait le move avant, parce que j'aime les animaux, je m'y attache et s'il avait fallu que je m'en départisse, j'aurais pleuré comme une Madeleine », souligne Mme Boucher.

« Il faut tenir compte du bien-être des poules et c'est bien. C'était une bonne séance d'informations », ajoute-t-elle.

Le règlement qui devrait être adopté prévoit autoriser la garde de deux à cinq poules tout en interdisant de garder un coq. La Ville encadrera également l'implantation et la conception du poulailler et de l'enclos, les équipements, l'entretien, la vente et le bien-être des poules ainsi que l'enregistrement obligatoire et gratuit sur le registre municipal.

Si les poulaillers devaient être permis seulement dans la cour arrière d'une résidence unifamiliale ou d'un jumelé, des ajustements pourraient être apportés d'ici le dépôt du projet de règlement au conseil municipal, le 18 juillet prochain, mentionne l'adjointe à la directrice du Service des affaires juridiques, Line Chabot.

« Ce qu'on a entendu, c'est peut-être le duplex pour montrer une ouverture pour les propriétaires occupants, réduire la distance minimale de trois mètres séparant le poulailler du bâtiment principal et préciser les normes entourant les lampes chauffantes. Il y a eu des commentaires pertinents qu'on va regarder pour apporter des modifications ou faire une suggestion au conseil municipal. »

La Ville s'est inspirée au cours des derniers mois des règles en vigueur dans d'autres municipalités pour se doter d'un règlement « plus précis », note Me Chabot.

« On retrouve dans les autres règlements des normes beaucoup plus générales qui laissent à interprétation. On est allé beaucoup plus loin dans nos précisions. Ça va être plus facile pour la SPA et nos inspecteurs d'intervenir et pour les citoyens de savoir comment se comporter. »

Les poules présentes depuis plusieurs années

Si Sherbrooke prévoit modifier officiellement son règlement le 6 juillet prochain pour permettre à ses citoyens d'avoir des poules en milieu urbain, plusieurs n'ont pas attendu le feu vert pour se lancer dans cette aventure.

C'est le cas de Roseline Roux, qui habite dans le Vieux Nord et dont les poules sont devenues une petite attraction qui dépasse les limites du quartier.

« Mon père est âgé et il habite avec moi. Il a toujours eu une grande passion des poules et beaucoup de connaissances, alors je ne voulais pas manquer mon coup. Je voulais qu'il me transfère toutes les connaissances, parce qu'on a grandi avec des poules et je trouvais que j'avais le terrain parfait pour en avoir », explique-t-elle.

Seulement dans le quartier Vieux Nord de Sherbrooke, une demi-douzaine de personnes ont également des poules, selon Mme Roux, qui bavarde avec les gens de passage. Elle se dit maintenant rassurée à l'idée d'opérer « dans la légalité ».

« Ça va être réglé, on va arrêter d'avoir peur de perdre nos poules et ça va encadrer les gens qui peuvent être négligents », estime-t-elle.

« N'importe quel passant pouvait faire une plainte. On n'avait pas besoin de donner une raison, parce que c'était illégal, fait remarquer Roseline Proulx. Finalement, je me suis aperçue que tous les voisins étaient très positifs. Les grands-parents emmènent leurs enfants. L'autre jour, il y avait un petit garçon qui tapait des mains en voyant les poules. Tout le monde est content. »

Plus d'articles