Le poupon de six semaines hospitalisé au CHUS-Hôpital Fleurimont à la suite de blessures que lui aurait infligées son père est mort dans la nuit de mardi à mercredi. Cette triste histoire n'est pas sans rappeler l'importance de la prévention. Depuis environ deux ans, le CIUSSS de l'Estrie-CHUS s'affaire à prévenir ce genre de drame.

D'entrée de jeu, Gaëlle Simon, chef de l'unité de néonatalogie au CHUS, l'affirme. Les histoires de bébés secoués suscitent l'incompréhension, mais personne n'est véritablement à l'abri d'un tel drame. « C'est difficile de comprendre, mais ça peut toucher tout le monde parce que, quand on vient d'accoucher ou quand les pleurs des bébés perdurent sur le long terme, on est fatigués. » Elle ajoute que « ces sentiments-là peuvent naître en nous et on en arrive au geste malheureux de secouer l'enfant ».

Formation pour tous

Lorsque vient le moment de quitter l'hôpital avec leur poupon, tous les parents reçoivent obligatoirement une formation qui vise à prévenir le syndrome du bébé secoué. Il s'agit d'une initiative gouvernementale. Une fois à la maison, les infirmières rencontrées dans les CLSC pour les visites postnatales ont également été formées pour transmettre l'information.

« Dans l'ensemble des installations du CIUSSS de l'Estrie-CHUS qui accueillent des nouveau-nés, il y a un programme de prévention du bébé secoué. Tous les nouveaux parents vont être rencontrés par une infirmière avant de sortir de l'hôpital et on va regarder avec eux quels sont les sentiments qui peuvent naître en eux quand les bébés pleurent », explique Gaëlle Simon.

Les parents doivent réfléchir à des trucs à mettre en place pour éviter d'en arriver là. Les intervenants reviennent ensuite avec des propositions et des compléments d'information.

Que faire si l'on perd patience?

« Dès qu'on sent que l'émotion monte, on dépose le bébé dans un lit ou dans un lieu sécuritaire et on sort de la pièce. On ne retourne voir l'enfant que si l'on est calme. On appelle un ami, de la famille, on peut écouter de la musique ou boire un grand verre d'eau », dit la chef de l'unité de néonatalogie au CHUS.

Gaëlle Simon ajoute que de quitter la pièce quelques instants « n'est pas un signe de faiblesse, mais plutôt un signe de maturité parentale. C'est de s'occuper de son enfant que de sortir de la pièce, quand on le laisse dans un endroit sécuritaire, c'est d'être un bon parent ».

Demander de l'aide

Dès qu'on sent l'émotion monter en nous, Gaëlle Simon suggère d'appeler à l'aide un ami, un membre de la famille ou une personne-ressource.

Les parents qui en sentent le besoin peuvent également recevoir de l'aide en composant la ligne parents au 1 800 361-5085.

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