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Prix de la création Radio-Canada - Les 5 finalistes du Prix de poésie Radio-Canada 2015 sont connus

Le jury du Prix de poésie Radio-Canada 2015, composé cette année de Dyane Léger, de Roger Des Roches et de Rita Mestokosho, a désigné les cinq finalistes du Prix de poésie Radio-Canada 2015.

Les poèmes de Nicolas Lauzon, de Georgette LeBlanc, de Yannick Marcoux, de Joanne Morency et d'Annie Perreault ont été choisis parmi près de 600 textes inédits soumis au concours cette année. Le nom du gagnant ou de la gagnante sera dévoilé le 24 novembre.

La liste des finalistes de langue anglaise (CBC Poetry Prize) a également été dévoilée et peut être consultée sur le site de CBC Books.

Les finalistes du Prix de poésie Radio-Canada 2015

Nicolas Lauzon, pour Pro pelle cutem (Peau pour peau), des poèmes quasi organiques qui évoquent Agaguk, d'Yves Thériault

Nicolas Lauzon est né en 1977 dans les Laurentides. Enseignant et père de famille, il meuble ses temps libres de voyages et de poésie. La notion du territoire et de ceux qui l'occupent imprègne son écriture. Il a publié Géographie de l'ordinaire en 2011 et L'héritage du mouvement en 2014, tous deux aux éditions du passage. Il vit aujourd'hui dans la ville de Rouyn-Noranda, où il continue à marcher sur les terres qu'il habite. Il aime les voyages, les aventures en canot, le bon scotch, le foie de veau et le hockey du samedi soir. Il collectionne les carnets.

Ces poèmes, Pro pelle cutem, il les a écrits dans le bois, littéralement. Son plus grand défi en tant que poète? Trouver le temps. Une fois le temps trouvé, il ne reste qu'à aligner les mots justes. Pour lui, la poésie qui rebute est souvent très, trop académique ou élitiste. Lui-même, en tant que poète, avoue refermer un livre de poésie sur deux avant de l'avoir terminé. S'il avait un conseil à donner à qui veut s'initier à la poésie, ce serait de consulter un bon libraire...

Georgette LeBlanc, pour Ici, un touchant poème court adressé à un père absent

Native de Chicaben (Pointe-de-l'Église) en Nouvelle-Écosse, Georgette LeBlanc s'est imposée comme poète avec ses recueils qui se lisent comme des romans, Alma et Amédée (Éditions Perce-Neige), pour lesquels on lui a remis le prix Félix Leclerc, le prix Antonine-Maillet--Acadie Vie, le prix littéraire Émile-Ollivier et le Lieutenant Governor of Nova Scotia Masterworks Arts Award. Son troisième livre, Prudent, a été finaliste des Prix littéraires du gouverneur général 2014. Georgette LeBlanc a également été scénariste pour la télésérie Belle Baie et a collaboré avec les artistes François Gaudet, Radio Radio, Viviane Audet et Arthur Comeau. Sa poésie, très narrative, flirte avec l'oralité et se nourrit à la mémoire culturelle acadienne.

Yannick Marcoux, pour L'horizon des phares, des poèmes d'amour écrits pour apprendre à vivre avec un souvenir brûlant

Après avoir accumulé les paperasses diplômantes, Yannick Marcoux a publié dans quelques revues littéraires et dans nombre de blogues et de magazines en ligne : Retailles, Ricochet, Moebius, Urbania, This is better than porn, Huffington post Québec, Bon bord de la puck... Une année passée à la tête d'un magazine de tennis l'a convaincu qu'écrire est, d'une certaine manière, un très beau sport. L'an dernier, son récit Transe nationale a été finaliste au Prix du récit Radio-Canada. Il a présentement un roman sur son bureau, un autre dans son tiroir et un recueil de poésie dans une pile en attente de lecture chez l'éditeur.

Montréalais dans l'âme, il se plaît à dire que, si « Christian Mistral frenchait ses bouches d'égout, lui, il saute ses craques de trottoir ». Pour boucler les fins de mois, il mène une double vie, travaillant comme gérant de pub d'une microbrasserie. Il voit l'écriture comme un terrain de jeux, un lieu qui semble n'avoir aucune frontière, et il craint n'avoir pas assez de cette vie pour explorer toutes ses possibilités.

Mais il revient toujours à la poésie : « C'est ma façon de raconter une histoire en évitant d'être trop bavard, en captant l'essentiel. J'aime ces petits moments de grâce, où une émotion forte se lie à l'empathie des mots. »

Joanne Morency, pour Ni le nom des caresses en français, une suite poétique qui explore les rapports entre l'intime, la solitude et l'écriture

Originaire de Sherbrooke, Joanne Morency vit en Gaspésie depuis 25 ans. Elle a publié quatre livres de poésie aux éditions Triptyque ainsi qu'un haïbun (récit/haïkus) aux Éditions David. Sa poésie en prose Miettes de moi lui a valu à Paris le Prix du premier recueil 2010 de la Fondation L.-A. Finances. Elle remportait, en 2014, le Prix du récit Radio-Canada avec Tes lunettes sans ton regard. L'auteure anime des ateliers d'écriture et s'intéresse à la poésie en tant que vecteur de cheminement et de mieux-être. 

Pour elle, il ne faut pas essayer de « comprendre » le poème avec sa matière grise, mais juste rester sensible à l'atmosphère qui se dégage des mots. On n'a pas, en tant que lecteur de poésie, à savoir exactement ce que l'auteur a voulu dire; le poème ne tente pas d'expliquer des faits ou des sentiments, mais seulement de les évoquer à l'aide d'images.

Annie Perreault, pour Le ciel de Valence, qui raconte un fait divers tragique dont elle a été témoin en Espagne

Annie Perreault vit à Montréal. Diplômée en littérature française et en études russes de l'Université McGill, elle a publié des nouvelles dans diverses revues littéraires. En 2000, elle a remporté le Prix de la nouvelle Radio-Canada. Son premier livre, L'occupation des jours, est paru aux Éditions Druide cette année. Elle se consacre ces jours-ci à l'écriture d'un roman.

Sous le ciel de Valence est né d'un fait divers sur le toit-terrasse d'un grand hôtel d'Espagne, au bord de la piscine. Ce fait divers, elle ne l'a pas lu dans les journaux, elle n'en a pas été qu'une vague témoin. Elle l'a vécu, « il s'est inscrit en [elle] dans toute sa violence et son absurdité ». Il y a six ans, quand elle séjournait à Valence avec ses jeunes enfants, une femme s'est suicidée sous ses yeux. C'était l'après-midi, les enfants pataugeaient dans la piscine avec leur père pendant qu'elle somnolait dans une chaise longue. Une inconnue s'est avancée vers elle. Cette femme venait de s'ouvrir les veines, elle portait un pansement au poignet. Avant de se jeter du troisième étage, elle est venue vers elle et lui a confié son sac.

Annie Perreault a été la dernière personne à lui parler, à être témoin de sa détresse. « Je n'ai pas su lui venir en aide. J'en ai éprouvé une profonde culpabilité. Je me suis beaucoup interrogée sur l'indifférence, sur la méfiance, sur ce qui fait de l'autre un étranger, sur ce qui rend le réconfort possible ou impossible. »
Annie Perreault savait qu'un jour, elle allait vouloir revenir sur cette rencontre douloureuse en écrivant là-dessus, ou autour de cet événement, avec le désir d'en faire de la littérature. « C'est parfois ce qu'il y a de mieux à faire avec les questions sans réponse. »

Cette histoire tragique est d'ailleurs le point de départ du roman qu'elle est en train d'écrire. Ce poème a été écrit en marge du roman, en quelque sorte, à même ses notes éparpillées... quelques heures avant la date de tombée!

Véritable tremplin pour les auteurs canadiens, le Prix de poésie Radio-Canada est ouvert à tous, amateurs ou professionnels. Il récompense chaque année les meilleurs poèmes ou groupes de poèmes inédits soumis au concours. Le gagnant remporte 6000 $ offerts par le Conseil des arts du Canada ainsi qu'une résidence d'écriture au Centre Banff, en Alberta, et voit son texte publié dans le magazine Air Canada enRoute et dans la section Livres du site ICI.Radio-Canada.ca. Les finalistes reçoivent chacun 1000 $ offerts par le Conseil des arts du Canada, et leur texte est publié sur ICI.Radio-Canada.ca/icionlit.

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