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Procès Bernard : une mesure « exceptionnelle » pour entendre Alain Béliveau

Deux jours après que l'ancien colocataire d'Anthony-Tristan Bernard ait refusé de poursuivre son témoignage, le juge Martin Bureau a accepté jeudi que ce soit la déclaration livrée en 2013 par Alain Béliveau durant son procès qui soit entendue par les 12 jurés.

Le juge Martin Bureau a toutefois rappelé qu'il s'agit d'une façon de procéder « exceptionnelle ». « Normalement, les témoins doivent témoigner », a-t-il souligné.

Dans un procès séparé, Alain Béliveau a été déclaré coupable du meurtre prémédité d'Alain Bernard, le père d'Anthony-Tristan Bernard. C'est le procès de ce dernier qui se déroule maintenant au palais de justice de Sherbrooke.

Dans les enregistrements audio entendus jeudi, Alain Béliveau donne des détails sur son lien avec Anthony-Tristan Bernard qui, au moment de leur rencontre dans les années 1980, était une femme nommée Chantal Bernard. L'accusé a par la suite subi un changement de sexe.

En 1987, Alain Béliveau habitait en appartement avec Chantal Bernard et son cousin Patrice Bernard. Les trois individus consommaient à cette époque beaucoup de cocaïne.

Alain Béliveau explique qu'environ une semaine avant le meurtre d'Alain Bernard, Chantal lui aurait dit à au moins une reprise qu'elle aimerait faire disparaître son père.

« J'ai trouvé ça bizarre qu'elle dise ça, j'ai pris ça à la légère », dit-il.

Le 30 août 1987 : la version d'Alain Béliveau

Dans les enregistrements, Alain Béliveau raconte que le soir du 30 août 1987, en rentrant d'un souper au restaurant, Chantal et Patrice lui ont indiqué qu'ils souhaitaient aller voir un spectacle à Montréal.

Après avoir consommé une grande quantité d'alcool et de cocaïne, Chantal aurait déclaré: « C'est à soir que ça se fait. C'est à soir qu'on "passe" mon père ».

Il raconte que les trois colocataires ont filé vers le boulevard Pierre-Laporte, à Granby. Chantal, qui était au volant, a immobilisé la voiture. Alain Béliveau et Patrice Bernard se seraient alors rendus dans la résidence d'Alain Bernard.

« Patrice monte les marches, je reste dans le garage. Patrice rentre, j'entends une détonation. Je me dis c'est pas vrai, qu'est-ce qui vient de se passer là, j'ai les jambes qui tremblent! »

Les deux hommes auraient alors quitté les lieux du crime pour rejoindre la voiture dans laquelle Chantal patientait et seraient tous les trois partis vers Montréal dans l'intention de se monter un alibi.

Patrice lui aurait alors tendu un fusil de couleur noire. « Je l'ai pris cinq ou dix secondes. Le temps que je le prenne, ouvre la vitre et le lance par la fenêtre », soutient-il.

Après le meurtre, les relations entre les trois colocataires se seraient envenimées. « Je trouvais que ça n'avait pas de bon sens ce qui s'était passé », mentionne Alain Béliveau.

La preuve de la Couronne s'est terminée avec cette déclaration. La défense doit encore décider si elle présentera des témoins.

Passible d'outrage au tribunal 

Dans un procès séparé, Alain Béliveau a été déclaré coupable du meurtre prémédité d'Alain Bernard. Il purge une peine d'emprisonnement à perpétuité, mais clame toujours son innocence. Son appel sera entendu le 4 mai.

Comme il a refusé de témoigner au procès d'Anthony-Tristan Bernard, il pourrait être accusé d'outrage au tribunal ou d'entrave à la justice.

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