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Procès de la tragédie de Lac-Mégantic : le chauffeur de taxi qui a conduit Thomas Harding à l’hôtel s’inquiétait

« Tom avait plein de picots d'huile sur les bras », a raconté le chauffeur de taxi André Turcotte. C'est lui qui est allé chercher le mécanicien de locomotive Thomas Harding à Nantes le soir du 5 juillet 2013, avant que le train dévale vers Lac-Mégantic et déraille en plein centre-ville. L'homme de 50 ans avait aussi remarqué un « gros nuage de fumée » sortir de la cheminée d'une locomotive, ce qui l'avait inquiété.

André Turcotte est le 15e témoin appelé à la barre au procès des trois anciens employés de la Montreal Maine & Atlantic Railway (MMA) accusés de négligence criminelle relativement à la tragédie de Lac-Mégantic. Il a livré son témoignage mardi matin.

Ce dernier avait l’habitude de transporter les employés de la MMA qui immobilisaient les trains à Nantes ou encore au poste de Vachon. M. Turcotte devait les amener à L’Auberge, située au centre-ville de Lac-Mégantic, pour qu’ils se reposent.

Le 5 juillet 2013, il était 23 h quand André Turcotte a reçu l’appel pour aller chercher Thomas Harding. À son arrivée à Nantes, il a arrêté sa voiture près du convoi de pétrole. « Le train est en fonction, je vois le gros nuage de fumée qui sort de l’engin. Je l’entends tourner aussi. Il y a des cheminées au-dessus des engins, ça sort de là. », a-t-il expliqué à la Cour.

Cette situation était inhabituelle aux yeux d’André Turcotte qui a également aperçu de l’huile sur les bras de Thomas Harding lorsqu’il est monté à bord de la voiture. « Je suis curieux, donc je demande à Tom tout de suite ce qui se passe. D’habitude, il n’y a pas de boucane comme ça après l’engin. Et de voir plein de picots d’huile, c’était la première fois. »

« Je décide de m’en aller parce qu’on ne voit rien avec la boucane. Je pars mes essuie-glaces et je m’aperçois que le pare-brise est vraiment huileux. Tom me répond qu’il y a un engin qui avait travaillé fort pour s’en venir, mais que la compagnie lui avait dit de se rendre pareil. Il a dit qu’un moteur était sur le point de sauter », a rapporté le témoin.

Inquiétude pour l'environnement

André Turcotte s’est alors inquiété pour l’environnement et a partagé ses préoccupations à son client. « À ce moment-là, [Thomas Harding] m’a dit, la compagnie m’a dit de laisser l’engin et que si le niveau d’huile baisse trop bas, l’engin allait arrêter. »

Thomas Harding aurait aussi précisé à André Turcotte que son supérieur, Jean Demaître, était parent « avec des gens de l’environnement » et que les trains ne se faisaient « jamais checker ».

Le chauffeur de taxi a proposé à Thomas Harding de le raccompagner au train

Le trajet entre Nantes et Lac-Mégantic prend habituellement douze minutes en voiture. Avant de reconduire Thomas Harding à l’hôtel, les deux hommes se sont arrêtés au restaurant Tim Hortons. « Là, en descendant, Tom me dit, je devrais peut-être appeler du côté américain. Ils sont plus pesants, ils vont peut-être me dire d’arrêter l’engin », se souvient le témoin.

À ce moment, André Turcotte a dit à son client qu’il lui ferait plaisir de le raccompagner au train et qu'il n'avait qu'à le rappeler. Toutefois, Thomas Harding n'a jamais rappelé le chauffeur de taxi.

André Turcotte a complété son témoignage en fin d'avant-midi mardi.

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