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Procès de Lac-Mégantic : Demaître, troisième maillon de la chaîne de sécurité plaide son avocat

Il aura fallu la journée entière à Me Gaétan Bourassa, l'avocat de Jean Demaître, cet ancien directeur de l'exploitation de l'entreprise ferroviaire Montreal Maine & Atlantic Railway (MMA) au Québec, pour présenter ses arguments aux jurés.

Un texte de Marie Eve Lacas

Selon la Couronne, en tant que superviseur, Jean Demaître aurait dû poser des questions sur la sécurisation du train après avoir été informé d’un incendie survenu dans la locomotive de tête. Un argument que réfute la défense. Me Bourassa a plutôt plaidé que rien dans la preuve ne démontre qu'un autre superviseur, placé dans de mêmes circonstances, aurait agi différemment.

Jean Demaître : troisième maillon

Selon Me Gaétan Bourassa, son client était le troisième et dernier maillon dans la chaîne de sécurité, alors que la fissure s’est passée au premier niveau. Il a précisé que le soir de la tragédie, jamais Jean Demaître n’a eu de contacts avec le mécanicien de locomotive Thomas Harding.

Rappelons que Jean Demaître, Richard Labrie et Thomas Harding ont plaidé non coupables à l'accusation de négligence criminelle causant la mort des 47 victimes de la tragédie de Lac-Mégantic. Ils n'ont pas témoigné à leur procès.

Jean Demaître n’est pas la MMA

Me Bourassa a indiqué au jury que ce procès n’est pas celui de la MMA, à travers Jean Demaître, qui était l’un de ses dirigeants au Québec. « Il y a une distinction monstre », a-t-il précisé. Me Bourassa avance que les décisions relatives à la sécurité étaient prises aux États-Unis.

Des 31 témoins entendus depuis le début du procès le 2 octobre dernier, Me Bourassa a retenu l’expert ferroviaire Stephen Callaghan. Son témoignage a établi que si un nombre suffisant de freins à main avait été appliqué et qu’un test adéquat avait été effectué; la tragédie ne serait pas survenue.

Deux conversations téléphoniques au coeur du plaidoyer

L’avocat de Jean Demaître a décortiqué les conversations enregistrées au cours de la nuit du 5 au 6 juillet 2013. Il a attiré leur attention sur les directives rapidement émises par Jean Demaître au contrôleur Richard Labrie, dès qu’il a été informé d’un possible incendie à la locomotive de tête.

Dans cet appel, on entend Jean Demaître demander à Richard Labrie d’envoyer le plus rapidement possible un employé de la voie ferrée en appui aux pompiers de Nantes.

Me Bourassa a aussi plaidé que c’est Jean Demaître qui a rappelé Richard Labrie, une trentaine de minutes après le premier appel, pour s’enquérir des derniers développements.

L’avocat est catégorique : rien n’indique que le feu a pu affecter la sécurisation du train. Il plaide aussi que son client a agi en homme prudent qui avait à coeur la sécurité d’autrui. Selon lui, Jean Demaître a fait confiance à ses employés et à leurs compétences.

Me Bourassa estime que rien dans la preuve de la poursuite ne permet de penser qu’un autre superviseur placé dans des circonstances similaires aurait agi différemment.

Suite des plaidoiries vendredi

Le prochain avocat à s’adresser au jury sera Me Guy Poupart, qui représente l’ancien contrôleur Richard Labrie. Les plaidoiries se termineront avec l’exposé de l’avocat du troisième accusé, le mécanicien de locomotive Thomas Harding. Le jury commencera ses délibérations après les directives du juge Gaétan Dumas qui seront données lundi.

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