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Procès de Lac-Mégantic : « L'ingénieur doit avoir oublié de mettre ses brakes »

Le contremaître de l'entretien de la voie de Montreal Maine & Atlantic Railway (MMA) Jean-Noël Busque a, dès la nuit du 6 juillet 2013, émis l'hypothèse que le mécanicien de locomotive qui a immobilisé le convoi de pétrole brut à Nantes avait oublié de serrer les freins à main.

Jean-Noël Busque est le 24e témoin entendu au procès des trois anciens employés de la MMA accusés de négligence criminelle causant la mort des 47 victimes de l’explosion. Il a une quarantaine d’années d’expérience dans le milieu ferroviaire.

Vers 2 h 05, soit moins d’une heure après le déraillement et l’explosion du train au centre-ville de Lac-Mégantic, M. Busque a parlé au téléphone avec le contrôleur de la circulation ferroviaire Richard Labrie.

« Le train était rendu à Mégantic à cette heure-là. Un train qui part tout seul, ça ne se peut pas. J’ai dit à Richard Labrie : "L'ingénieur [mécanicien de locomotive] doit avoir oublié de mettre ses brakes". »

Jean-Noël Busque ne pouvait pas croire que le convoi était bel et bien en train de brûler à Lac-Mégantic. C'est lorsqu’il est retourné à Nantes et qu’il a constaté que le train ne s’y trouvait plus qu'il a compris.

Rappelons que M. Busque s’était déplacé à Nantes un peu plus tôt dans la nuit, vers minuit trente, après l’incendie dans la locomotive de tête du convoi. Comme le feu était bien éteint, il avait reçu l’autorisation de Richard Labrie de retourner dormir. Il n’avait pas eu le mandat de s’assurer que le train était bien immobilisé, puisqu'il n'avait pas les compétences pour exécuter cette tâche.

Connaissance minimale du fonctionnement des freins à main

En 2009, à titre de membre du secteur de l’entretien des voies, Jean-Noël Busque a reçu une brève formation dans le cadre de l’implantation des convois, conduits par un seul mécanicien de locomotive. Cette formation avait comme but de faciliter l’intervention des employés de l’entretien advenant qu’un problème survienne lors du passage d’un train conduit pas une seule personne. La formation a duré environ une heure selon le témoin.

« On n’a jamais mis ça en application, parce que le syndicat ne voulait rien savoir que l'entretien des rails ait de quoi à voir avec la transportation. »

Jean-Noël Busque a affirmé n’avoir aucune connaissance du fonctionnement des freins automatiques ou indépendants d’un train. « Je connaissais les freins à main, mais c’est tout. »

« Tom Harding a risqué sa vie »

En contre-interrogatoire, l’avocat qui représente Thomas Harding, Me Thomas Walsh, est revenu sur l’intervention de son client lors de l’explosion. Ce dernier a enfilé un habit de pompier et déplacé une dizaine de wagons pour s’assurer qu’ils n’explosent pas. Jean-Noël Busque a déclaré : « Tom harding a risqué sa vie ».

Son témoignage s’est conclu en fin d’avant-midi mardi.

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