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Procès de Lac-Mégantic : Richard Labrie est compétent et sérieux, plaide son avocat

« ll ne faudrait pas que la société condamne un homme comme criminel, parce qu'il n'a fait que son travail », a conclu Me Guy Poupart à la fin de sa plaidoirie vendredi au palais de justice de Sherbrooke. Il a plaidé que ce n'était pas le rôle de Richard Labrie, contrôleur de la sécurité ferroviaire la nuit de la tragédie, de s'assurer que le train était sécurisé après l'incendie de la locomotive.

Un texte de Marie Eve Lacas

L’ancien contrôleur de la sécurité ferroviaire à la Montreal Maine et Atlantic Railway (MMA) est accusé de négligence criminelle ayant causé la mort des 47 victimes de la tragédie de Lac-Mégantic.

Me Poupart a soumis au jury que Richard Labrie, un contrôleur et mécanicien compétent et d’expérience, était « en droit de penser que le train était immobilisé et sécurisé de la manière prescrite par les règlements. Ce n’est pas mon interprétation », a-t-il précisé, « mais bien un élément partagé unanimement par plusieurs témoins ».

Il a aussi fait référence au lien de confiance qui existait entre les collègues présents le soir du tragique événement. L'avocat a souligné que les compétences de chacun n’étaient plus à prouver entre eux, puisqu’ils se connaissaient depuis près de 30 ans.

Richard Labrie au lendemain de la tragédie

Me Poupart a parlé de Richard Labrie comme « d’un homme brisé, détruit, traumatisé qui est pourtant entré au travail le soir suivant le déraillement du train ». Un comportement qui, selon Me Poupart, ne cadre pas avec « le contrôleur insouciant, indifférent, indolent » que veut dépeindre la Couronne par ses accusations.

Selon la poursuite, en tant que superviseur en poste ce soir-là, Richard Labrie a omis de poser des questions essentielles sur la sécurisation du train après l’incendie survenu dans la locomotive de tête.

Des enregistrements significatifs

Me Poupart a invité les jurés à réécouter les enregistrements des conversations de la nuit de la tragédie. Selon lui, ces conversations constituent la clé pour comprendre l’état d’esprit de son client. On y entend Richard Labrie discuter avec Jean Demaître, Thomas Harding et les services d’urgence, entre autres. Selon Me Poupart, Richard Labrie ne pouvait prendre de décisions qu’à partir des informations qu’on lui avait transmises.

Le nombre de freins serrés mis en cause

Le 6 juillet 2013, un convoi de 72 wagons transportant du pétrole brut a explosé en plein centre-ville de Lac-Mégantic, faisant 47 victimes. L’expert ferroviaire Stephen Callaghan a indiqué, lors de son témoignage, que si un nombre suffisant de freins avaient été actionnés et qu’un test adéquat avait été effectué avant de laisser le convoi sans surveillance, la tragédie ne serait pas survenue.

Jeudi, l’avocat de Jean Demaître, Me Guy Bourassa, a aussi signalé ce témoignage au jury, avant d’ajouter que son client, alors directeur de l’exploitation de la MMA, était le troisième et dernier maillon dans la chaîne de sécurité et que le bris de cette chaîne s’était fait au premier niveau.

Retour en cour lundi

L'avocat de Thomas Harding, Me Charles Shearson, plaidera lundi et le juge Gaétan Dumas donnera ses directives au jury mardi. Douze des quatorze jurés devront s’entendre sur trois verdicts unanimes, un pour chaque accusé.

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