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Procès Lac-Mégantic : l’inspecteur de Transports Canada évoque un « certain laxisme » à la MMA

L'inspecteur de Transports Canada, Alain Richer, estime que les employés et le personnel de gestion de la Montreal Maine & Atlantic Railway (MMA) faisaient preuve d'un « certain laxisme » dans leur travail.

Le 14e témoin entendu au procès de Jean Demaître, Thomas Harding et Richard Labrie a participé à l’enquête de Transports Canada à Lac-Mégantic en juillet 2013.

Après le déraillement, il a notamment eu l’occasion de consulter les déclarations des témoins rencontrés par la Sûreté du Québec.

En contre-interrogatoire, l’avocat qui représente le mécanicien de locomotive Thomas Harding, Me Thomas Walsh, a souhaité savoir si des rapports de manquements ont été trouvés concernant son client ou ses collègues relativement à l’immobilisation des trains à Nantes. Alain Richer n’avait pas cette information.

Toutefois, il a ajouté que « la personne qui devait sécuriser les mouvements [les trains], si elle en faisait moins qu'indiqué, autrement dit qu’elle coupait les coins ronds, on sauvait du temps ».

« Souvent, la MMA se contentait strictement de la note de passage, à plusieurs niveaux. Il y avait un certain laxisme de la part des employés et du management. Ça faisait l’affaire du moment, tout le monde en faisait un peu moins et c’était accepté », a affirmé Alain Richer.

L’opinion de l’inspecteur inadmissible en preuve

Le juge de la Cour supérieure Gaétan Dumas a interrompu le contre-interrogatoire de Me Walsh.

Il s’est un peu plus tard adressé au jury.

« Les témoins témoignent sur les faits et ils n’ont pas le droit de témoigner sur des opinions », a-t-il rappelé.

« Les seuls qui peuvent donner des opinions sont ceux qui sont déclarés experts par la Cour [...] M. Richer n’a pas à donner son opinion, d’autant plus qu’il a dit à plusieurs reprises que ce n’était même pas son champ d’expertise. Alors de dire que la MMA se contentait de la note de passage, qu’il y avait du laxisme qui faisait l’affaire de MMA, supposer que celui qui prenait le train, ça faisait son affaire qu’il y ait moins de freins, ce sont des commentaires de gérant d’estrade. »

« Vous n’avez pas à tenir compte de ces commentaires-là et vous devez les mettre complètement de côté » a conclu le juge Dumas.

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