Retour

Procès Lac-Mégantic : un minimum de neuf freins à main auraient dû être utilisés

Un minimum de neuf freins à main auraient dû être serrés pour sécuriser le train à Nantes le soir du 5 juillet 2013. C'est ce qu'a affirmé le directeur adjoint au transport de la Montreal, Maine & Atlantic (MMA) Railway à Farnham, Michael Horan.

« Neuf, ça aurait été le minimum en comptant le nombre de wagons sur le train. Mais je ne peux pas dire si c'était suffisant, je ne les ai pas testés », a affirmé le témoin.

Dans son discours d’ouverture lors du jour 1 de ce procès, la Poursuite a prétendu que Thomas Harding a installé seulement sept freins à main sur un convoi de 73 wagons transportant du pétrole brut. Un nombre « nettement insuffisants ». « Un simple test aurait permis de le dire », a affirmé la procureure aux poursuites criminelles et pénales Véronique Beauchamp.

Michael Horan a expliqué que lors de l'immobilisation d'un train laissé sans surveillance, un mécanicien de locomotive doit toujours effectuer un test pour s'assurer que le train ne bouge pas. Parfois, le nombre minimum de freins à main prescrit dans la réglementation ne suffit pas. Si les wagons bougent lors du test, des freins à main supplémentaires doivent être serrés.

« C'est une question de jugement [...]. Avec l'expérience et la connaissance de la locomotive, vous allez le savoir », a-t-il précisé.

Un seul mécanicien

Précédemment lors de son témoignage, le directeur adjoint au transport de la compagnie à Farnham a aussi mentionné que la pratique d'autoriser les trains opérés par un seul mécanicien de locomotive était relativement nouvelle à la Montreal, Maine & Atlantic (MMA) Railway. Il a aussi soulevé que cette nouvelle politique n'a pas été accueillie à bras ouverts par certains employés de l'entreprise.

« Parce que ce n’est pas aussi sécuritaire? » a demandé en contre-interrogatoire l’avocat de Thomas Harding, Me Thomas Walsh.

Ce à quoi M. Horan a répondu que « pour conduire la locomotive, il n’y a pas de différence, mais pour les aiguillages, ce n’est pas aussi rapide. [...] Transport Canada a trouvé que c’était sécuritaire. »

Michael Horan a expliqué que toutes les décisions concernant les règles de sécurité étaient prises par la haute-direction de la MMA, dont celle d’autoriser les trains opérés par un seul travailleur.

« Je sais qu’il y a eu plusieurs rencontres entre la compagnie et Transport Canada. La seule exigence demandée était un rétroviseur du côté du conducteur de train », a-t-il précisé.

Depuis mardi, le directeur adjoint au transport à la MMA à Farnham témoigne au procès des trois anciens employés de la compagnie ferroviaire accusés de négligence criminelle concernant la tragédie de Lac-Mégantic.

Impossible de garer le train à Lac-Mégantic

Michael Horan a expliqué qu’en raison des passages à niveau et de la longueur des convois, il n’était pas possible de garer le train à la gare de triage de Lac-Mégantic.

« On n’a pas l’espace voulu à Lac-Mégantic pour garer un train. Ç'a tout le temps été connu. »

La municipalité de Nantes était donc une option privilégiée.

Le contre-interrogatoire de Michael Horan se poursuit.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Cet amateur de hockey gagne 1000$ s'il réussit à marquer





Rabais de la semaine