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Proches aidants: « Ne faites pas comme moi », dit Marguerite Blais

« Ne faites pas comme moi, allez chercher de l'aide! » Voilà l'essentiel du témoignage de Marguerite Blais lors de son passage au salon FADOQ de l'Estrie. L'ex-ministre libérale a été proche aidante pour son conjoint tout au long de son combat contre un virulent cancer du cerveau. L'ancienne politicienne milite désormais en faveur d'un meilleur soutien auprès des personnes qui traversent cette épreuve.

Ayant quitté la vie politique provinciale pour s'occuper de son mari à plein temps, Marguerite Blais a tout d'abord cru qu'elle pouvait y arriver seule.

« On devient préposé aux bénéficiaires sans avoir suivi de cours. On devient pharmacien. On devient infirmier. Il faut gérer la prise de rendez-vous à l'hôpital et les spécialistes. On doit s'occuper de tout. Souvent, le proche aidant ne veut pas avoir d'aide. Il pense qu'il peut tout réaliser seul. »

Son mari, Jean-Guy Faucher, avec qui elle a partagé 35 années de sa vie, est décédé en mars 2015 – sept mois après l'annonce du diagnostic.

« Quand notre malade part, on est perdu. On est épuisé. On lui a tout donné, mais on s'est tout donné, aussi. Pour moi, ça a été le plus beau voyage de ma vie, de pouvoir accompagner la personne que j'aime jusqu'aux portes de la mort. »

Un message à Québec

Le message de Marguerite Blais en est certainement un de sensibilisation, mais son objectif est aussi politique. Sa tournée de conférences a pour but d'inciter le gouvernement du Québec à mettre en place une stratégie nationale pour les proches aidants.

« Il faut une réelle politique. Il faut adopter une loi de reconnaissance des proches aidants. Ça va donner le coup d'envoi pour que les entrepreneurs soient plus conciliants auprès des employés qui doivent quitter leur emploi pour s’occuper d'une personne de malade. »

Selon elle, le Québec « n'a pas le choix » de poser de ce genre d'actions, notamment en raison du vieillissement de la population. La province compte 1,5 million de personnes qui ont plus de 65 ans.

Questionnée à savoir si elle souhaiterait retourner en politique pour faire avancer cette cause, Marguerite Blais n'hésite pas une seconde avant de répondre.

« Non, je crois que j'ai fait ce que j'avais à faire. Je peux le faire autrement. Je suis ambassadrice des maisons Gilles-Carles. [...] Je vais toujours porter mon message », conclut-elle.

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