Il y a six ans, Roger Leroux a reçu un lapin domestique en cadeau. Une chose en amenant une autre - et parce que les petites bêtes se reproduisent plutôt vite - son épouse et lui sont aujourd'hui à la tête d'un élevage de 5000 têtes à Compton.

Texte et photos de Carl Marchand

« On a beaucoup aimé l'expérience, se rappelle M. Leroux au sujet de son premier lapin. On en a acheté un deuxième et un troisième. Un matin, on s'est réveillés et on en avait 100. »

Alors que l'élevage prend des proportions, le couple commence à vendre ses animaux de compagnie dans les animaleries. Puis, une question arrive rapidement : « Avez-vous des cochons d'Inde? » Leur réponse : « On va en avoir! »

C'est ainsi que les autres espèces, souris, rats, chinchillas, hamsters et même des hérissons, entrent peu à peu dans l'élevage. Des petits troupeaux que Roger et Johanne ont constitué en parcourant les autres fermes du genre pour éviter les maladies congénitales.

Les rongeurs se reproduisent tous assez rapidement. Parlez-en aux propriétaires de maisons qui ont eu le malheur de l'apprendre avec les souris.

« Quand une femelle a ses bébés, elle est déjà refécondée après 24 heures. Elle nourrit ses bébés et elle est enceinte », explique Roger Leroux. Bâtir le cheptel de cette espèce n'a pas été difficile. Passer de trois à 500 souris n'a demandé que six mois.

Une fermette abrite les lapins et une roulotte climatisée l'été et chauffée l'hiver héberge les autres.

Il n'y a pas une de journée de répit pour les éleveurs, épaulés par deux employés dans l'entreprise. À raison de deux ou trois journées par semaine, Roger et Johanne Leroux parcourent le Québec pour des livraisons à travers 54 animaleries clientes.

Ils ne sont qu'une poignée d'éleveurs comme Roger et Johanne Leroux au Québec. S'il faut un permis pour l'élevage de lapins, les autres rongeurs n'en exigent pas.

En plus des petites bêtes prêtes à trouver de nouveaux maîtres, ils trimballent aussi des animaux qui ont connu un destin plus triste : nourriture congelée pour des serpents. De la petite souris, jusqu'au lapin, en passant par les rats. Certains piranhas et quelques tortues, notamment, s'alimentent avec des bébés souris.

« Ça pince parfois, mais ces animaux-là, il faut qu'ils mangent. Ça n'empêche pas qu'on va s'attacher à certains », confie Roger Leroux.

Pas question de faire l'élevage pour la recherche scientifique cependant. Le secteur exige des conditions beaucoup trop strictes.

Une nouvelle race de rats

On en entend et on en voit de toutes sortes quand on est éleveur de rongeurs. Oui, certaines petites bêtes attirent plus facilement l'attention et la convoitise des acheteurs. D'autres font peur, sans qu'on puisse vraiment l'expliquer.

Quand Johanne et Roger Leroux livrent plusieurs animaux, ils sont presque toujours certains qu'ils devront reprendre ceux au pelage blanc et aux yeux rouges. Ils tentent donc de privilégier les géniteurs colorés. Puis, il ont aussi développé une autre solution.

« On a parti une nouvelle race de rats à force de faire des croisements. On les appelle les Polar Bear:des rats blancs avec les yeux noirs. Les rats albinos sont presque rejetés maintenant », illustre Roger Leroux.

Les rats sont mêmes devenus les préférés de Johanne. 

« C'est vraiment l'animal le plus sociable. Le plus intelligent. Tu m'aurais demandé ça il y a dix ans et je n'aurais jamais dit ça! » indique-t-elle.

Roger et Johanne Leroux désirent maintenir leurs activités d'élevage encore cinq ans, le temps de trouver de la relève.

« C'est un des gros problèmes de tous les commerces, admet l'éleveur. Je ne vois pas mes enfants venir jouer dans les rats. »

D'ici là, ils continuent leur besogne. Et le métier, même exigeant, apporte son lot de récompenses.

« Quand je vois un client qui est heureux, quand il revient chercher un deuxième animal pour son autre enfant, tu sais qu'il est vraiment satisfait », conclut Johanne Leroux.

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