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Projet pilote des cours d'éducation à la sexualité à la polyvalente Montignac de Lac-Mégantic

Québec a démarré au cours des dernières semaines son projet pilote sur l'éducation à la sexualité dans une quinzaine d'écoles à travers la province. En Estrie, la Polyvalente Montignac à Lac-Mégantic fait partie des établissements ciblés. Le projet pilote s'étendra sur deux ans. Selon les résultats, les cours pourraient devenir obligatoires pour toutes les écoles du Québec.

« Pour l'ensemble des sexologues, on est très contents qu'enfin le gouvernement ait décidé de remettre les cours d'éducation à la sexualité à l'école parce que, évidemment, c'est le seul endroit où on peut rejoindre tous les jeunes et diffuser une information qui est uniforme », souligne la sexologue Geneviève Marier, en entrevue à Écoutez l'Estrie.

Elle déplore toutefois que la question des agressions sexuelles soit abordée au primaire, mais délaissée au secondaire. Geneviève Marier dénonce aussi qu'aucune place n'ait été faite à la notion du consentement. « J'imagine que ça doit être abordé quand on parle d'agressions sexuelles [...] , mais [ il faut parler] du thème du consentement dans différentes situations et non pas juste dans les situations d'abus », a-t-elle rappelé.

Les enseignants sont-ils bien formés?

Québec maintient que le personnel des écoles recevra toute la formation nécessaire et que des partenaires du réseau de la santé et des services sociaux pourront même collaborer à l'éducation à la sexualité, ce qui n'empêche pas Geneviève Marier d'émettre certaines réserves sur la formation des enseignants.

« Je trouve ça inquiétant et je trouve ça triste aussi. On a une expertise exceptionnelle les sexologues [...]. Je trouve ça plate qu'on donne cette tâche-là à un enseignant qui ne va peut-être pas se sentir totalement outillé [...]. Ce n'est pas comme enseigner un cours d'histoire! Si on ne dit pas les bonnes choses, il y a des répercussions au niveau de l'intégrité de la personne », rappelle Mme Marier.

En août dernier, le président de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), Sylvain Mallette, s'était dit choqué de voir que le ministère de l'Éducation s'apprêtait à confier l'enseignement d'une matière aussi délicate que la sexualité humaine à des gens n'ayant aucune expertise en la matière.

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