Pendant des années, Alexis Brien-Fontaine a consacré des heures et des heures à s'entraîner pour modeler son corps. Un corps qu'il voulait parfait, tout en muscles, qui lui a fait remporter des championnats de culturisme. Le hic? Il se sentait prisonnier de son corps d'homme. En son for intérieur, il savait qu'il était une femme. C'est alors qu'il a entrepris des démarches pour devenir Alexie et, enfin, se sentir libérée et bien dans sa peau. Témoignage.

Un texte de Mylène Grenier

La différence s'impose dès son plus jeune âge. Les jouets stéréotypés féminins l'attirent, le maquillage et les vêtements féminins aussi. « Tu ne t'en rends pas compte. C'est quand même diffus. Moi, je voyais ça comme si c'était mal d'avoir ces envies, ces pulsions-là. J'ai caché ça toute ma vie au plus profond de moi-même », confie Alexie, 31 ans, originaire de Valcourt.

Plus le temps passe, plus sa détresse augmente. « J'étais incapable de fonctionner. Je me rappelle des fins de semaine complètes à être dans mes pensées. À penser à ça du matin au soir. Je n'étais plus capable de rien faire. Quand ça fait quelque temps que ça dure, tu fais "il faut que je fasse quelque chose parce que je suis juste plus capable" », ajoute-t-elle.

Le processus s'enclenche. Alexie prend rendez-vous avec un professionnel qui lui diagnostique une dysphorie du genre. Ce diagnostic clinique confirme de manière officielle un désaccord entre le sexe biologique et l’identité de genre d’une personne. Elle commence à prendre des hormones, en 2016, l'une des premières étapes pour commencer la transition. Elle fait ensuite une demande de changement de nom et de sexe au Directeur de l'état civil.

Passer d'un corps aussi musclé à celui d'un corps de femme ne se fait pas en criant ciseau. Alexie a un nouveau rythme de vie et de nouvelles habitudes alimentaires et s'entraîne pour le plaisir uniquement. « On devient un peu une autre personne. On devient plus émotive. On se redécouvre, aussi, en tant que femme », souligne Alexie, épanouie et en paix avec sa décision.

Acceptation

Alexie, qui étudie en soins infirmiers au Collège de Bois-de-Boulogne de Montréal, se réjouit de la réception positive des membres de sa famille et de la majorité des personnes qui l'entourent. Afin de faire tomber les tabous, elle fait des conférences devant des universitaires ou encore des jeunes du secondaire.

« Je le fais pour que les gens aient une image positive parce que, quand j'ai commencé ma transition, c'est un peu ça qui était difficile : d'avoir une image d'une personne qui réussit. D'une personne qui est bien avec elle-même. C'est ça que j'essaie de montrer aux gens », souligne celle qui caresse le rêve de fonder une famille. Elle a d'ailleurs fait conserver des échantillons de son sperme pour un futur usage.

L'étape ultime de sa transition, c'est la vaginoplastie, qui permet d'obtenir des parties génitales féminines. Cette grande opération est prévue le 7 mai.

« Je suis un peu anxieuse. C'est un peu mélangé comme sentiments. J'ai hâte, mais en même temps, j'ai peur d'avoir mal, d'avoir des complications. Mais, je le vois comme un aboutissement », confie-t-elle.

Demandes en hausse

Le Centre métropolitain de chirurgie, situé à Montréal, est de plus en plus occupé. Il effectue différents types de chirurgies, dont la mastectomie et la construction de l'urètre, mais aussi la chirurgie complète, comme celle que subira Alexie. Toutes chirurgies confondues, les demandes sont passées de 485 à 880 en cinq ans.

Les demandes de changement de la mention du sexe à l'État civil ont aussi bondi au cours des cinq dernières années, passant de 76 à 498.

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