Retour

Qui sont ces pères qui résident à la Maison Oxygène de Sherbrooke?

Les problèmes financiers de la Maison Oxygène ont fait la manchette au cours des dernières semaines. Le prospecteur urbain à C'est pas trop tôt en Estrie, Dominic Tardif est allé rencontrer ceux qui y demeurent : des pères en situation de crise. 

La Maison Oxygène est une maison normale dans laquelle habitent des pères qui sont souvent en processus de séparation et qui vivent toutes sortes d'autres problèmes connexes. C'est surtout un endroit où ils peuvent habiter avec leurs enfants en attendant de se remettre sur pieds.

C'est le cas d'Allan Plourde, 33 ans, un papa de deux enfants. Il en est à son deuxième séjour à la Maison Oxygène. « C'est dur de retourner sur le marché du travail. J'ai une contrainte à l'emploi. Je ne suis pas heureux de ça. En même temps, être ici, c'est la meilleure affaire qui puisse m'arriver. J'ai un bon métier », dit-il. 

Jamais Mathieu (non fictif) n'aurait pensé qu'un jour, il serait hébergé à la Maison Oxygène. « Non, ça ne se pouvait pas. Ce n'était pas dans mon plan de match. On entend ces histoires-là, mais elles se produisent. L'ensemble des gars qui sont ici a déjà réussi dans la vie avant. On n'a pas nécessairement de problème récurent de pauvreté, d'itinérance, de drogue. Ce sont des gens qui ont eu de bons emplois, qui ont réussi, qui ont voyagé. On rencontre certains problèmes, on manque de ressources, on se tourne vers nous-mêmes. Ça ne fonctionne pas et on touche le fond du baril », raconte l'un des pères présentement hébergés à la Maison Oxygène, Mathieu.

Des peines d'amour qui détruisent

Mais il faut être ouvert pour accepter de mettre le pied à la Maison Oxygène. « Si tu n'es pas prêt à venir ici, ça ne donne rien. La première fois que je suis venu, je n'étais pas prêt avec moi-même, à entendre les choses. Je faisais même du recon chez mon ex : je me cachais dans les buissons. J'étais rendu malade. »

Parce qu'une peine d'amour peut être ravageuse dans la vie d'un homme. « Ce qui fait le plus mal et l'échange, c'est l'abandon. Elle m'a abandonné et elle m'a échangé tout de suite après. J'avais deux enfants là-dedans. Je ne voyais pas comment m'en sortir. C'est ça le plus gros choc : du jour au lendemain tu te retrouves avec plus rien », ajoute M. Plourde.

Mais l'avenir qui se dessine devant eux n'est peut-être plus si sombre qu'ils le pensaient. « C'est quand une personne va se mettre en processus pour s'en sortir, c'est là que la souffrance va diminuer », croit l'intervenant Rémi Valois. 

Plus d'articles

Commentaires