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Réactions mitigées en Estrie au guichet d'accès unique pour patients orphelins

Les réactions sont mitigées en Estrie à la suite de l'annonce mardi du guichet d'accès à un médecin de famille (GAMF), régie par l'assurance-maladie du Québec, et qui remplace les précédentes listes régionalisées. L'annonce contient « du bon », selon plusieurs médecins, mais ne règle pas le problème de pénurie de médecins de famille.

Ce virage informatique simplifiera les procédures, soutiennent-ils, et permettra d'éviter les doublons. À preuve : 33 000 personnes, en Estrie, étaient inscrites sur une liste d'attente pour avoir accès à un médecin de famille. Une fois éliminés les noms redondants d'une liste à l'autre, ce nombre a chuté à 26 000.

Environ 77 % de la population a donc accès à un médecin de famille, soit un peu plus que la moyenne québécoise chiffrée à 71 %. L'objectif est toutefois d'atteindre 85 % d'ici le 31 décembre 2017.

Le président de l'Association des médecins omnipraticiens de l'Estrie, Dr Alain Demers soutient qu'il s'agit d'une excellente nouvelle.

Dr Demers rappelle qu'avant la venue de ce guichet unique, le patient devait s'inscrire sur un formulaire papier et se rendre au CSSS pour remettre ce formulaire en personne. Par la suite, un omnipraticien souhaitant de nouveaux patients appelait un médecin coordonnateur du guichet, et celui-ci s'occupait du transfert.

La Dre Raymonde Vaillancour, chef régionale de médecine générale, souligne également que cela permettra d'alléger les procédures. « Ça va nous permettre par exemple de favoriser la prise en charge dans son territoire. Quelqu'un qui s'inscrit [le fait] par son code postal. On va s'assurer que la prise en charge est favorisée sur le territoire, et à défaut, à 40 km de la résidence. »

Une pénurie qui est loin d'être réglée

Plusieurs régions, comme East Angus, Coaticook, Acton Vale et dans le secteur de Rock Forest, sont toutefois aux prises avec une pénurie de médecins, et Dr Demers admet que cette liste ne va en rien améliorer la situation.

« Il y aura toujours une pénurie au niveau des effectifs. On travaille toujours aussi fort pour en installer en première ligne [...] ce que ça évite, c'est qu'avec la méthode manuelle, des gens ayant trouvé un médecin de famille ne se désinscrivaient pas. »

Plusieurs médecins doivent également prendre leur retraite d'ici cinq ans, ce qui risque d'alourdir la tâche pour les autres omnipraticiens. Dr Alain Demers soutient toutefois que des efforts sont faits pour contrer la pénurie. « C'est sûr qu'on va essayer avec les ressources déjà en place d'épauler ces gens-là. On l'a fait à East Angus, avec les gens de la clinique de Cookshire, qui sont venus épauler, remplacer un peu cette clinique-là qui fermait. On va essayer de faire la même chose à Coaticook et Rock Forest. »

Plusieurs usagers du système craignent également les dérapages informatiques et la centralisation du système.

« On devrait revenir dans les régions, dans nos CLSC. On a un contact plus proche. Une liste provinciale, vous allez attendre longtemps », déplore un usager.

Les trois conditions pour s'inscrire sur la liste du GAMF :

  • Être âgé de 14 ans et plus;
  • Détenir une carte d'assurance-maladie valide;
  • Avoir une adresse de résidence au Québec.

Un bref questionnaire médical permettra aux gestionnaires du guichet de classer les demandeurs en ordre de priorité médicale. Un patient présentant un problème de santé chronique sera ainsi privilégié par rapport à un citoyen en parfaite santé.

Les enfants de moins de 14 ans devront être inscrits par un adulte.

Les gens qui n'ont pas accès à Internet pourront s'inscrire par téléphone par l'entremise de Services Québec ou en passant directement par un centre médical.

Le choix du médecin

Une fois inscrit dans la banque de données centralisées, le patient devra attendre l'appel d'un médecin de famille. Ces derniers pourront consulter la liste pour choisir de nouveaux patients lorsqu'ils auront des places disponibles.

Le ministre Barrette soutient que la banque de données permettra aux gestionnaires de vérifier le comportement des médecins. Le ministère effectuera « une intervention » auprès des médecins qui ne prendront que de jeunes citoyens en pleine santé au détriment des clientèles plus fragiles.

M. Barrette a toutefois refusé de préciser quel genre d'intervention serait faite ou s'il y aurait des conséquences pour les médecins récalcitrants.

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