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Reconnu coupable de meurtre, Anthony-Tristan Bernard veut aller en appel 

Anthony-Tristan Bernard, condamné pour le meurtre prémédité de son père Alain Bernard en 1987 à Granby, veut en appeler de sa condamnation.

L'homme a écopé d'une peine de prison à perpétuité, sans possibilité de libération conditionnelle avant 15 ans, en avril dernier.

Son avocate, Me Alexandra Longueville, a déposé une demande d'appel au début du mois. Elle estime que le juge « a erré en droit en admettant le dépôt du témoignage d'Alain Béliveau » et en concluant que ce témoignage était fiable.

Selon elle, le fait qu'Alain Béliveau était coaccusé dans cette affaire discréditait ses propos vu le « conflit d'intérêts apparent entre les deux. » Me Longueville rappelle qu'Alain Béliveau a livré au moins trois déclarations assermentées contradictoires dans le passé, ce qui démontre, selon elle, qu'il n'accorde pas de valeur à son serment.

Alain Béliveau est toujours en attente de son appel, et Me Longueville souligne qu'il avait intérêt à ce que ses propos soient perçus comme véridiques.

Par ailleurs, l'avocate attaque du même front les directives qui ont été données sur le mode de participation.Selon elle, il y avait des explications à donner au jury relativement au fait qu'Anthony-Tristan Bernard avait aidé à la réalisation du plan, mais n'était pas le tueur en question. Elle estime que ces explications n'étaient pas claires pour le jury, et qu'il est possible que celui-ci ait eu une « incompréhension relativement à l'état d'esprit qui était nécessaire dans le cas de M. Bernard. »

La défense a le fardeau de la preuve

La défense devra ainsi prouver que le juge a bel et bien fait erreur pour que l'appel puisse être accepté.

« Le tribunal doit d'abord constater s'il y a erreur ou pas, et ensuite, si cette erreur-là a influencé ou non le verdict. Il est évident que le fardeau de la preuve n'est pas celui qui existait en première instance », explique Me Longueville.

De son côté, le directeur des poursuites criminelles et pénales, Claude Robitaille, croit pour sa part que le juge a bien agi dans cette affaire et ne partage pas l'opinion de Me Longueville.

« Je crois que le juge, à bon droit, a jugé que ce témoignage avait un certain degré de fiabilité, qu'on pouvait s'y fier. Il y avait d'ailleurs eu un contre-interrogatoire. C'est un interrogatoire aussi de son avocat, c'est la défense qui l'a présenté dans son procès », souligne-t-il.

Une mesure « exceptionnelle »

Lors du procès d'Anthony-Tristan Bernard à Sherbrooke, Alain Béliveau avait refusé de témoigner. Le juge avait alors permis que le jury entende le témoignage qu'il avait livré au cours de son propre procès dans cette affaire, en 2013, au cours duquel il avait également été reconnu coupable.

Le juge Martin Bureau avait toutefois rappelé qu'il s'agissait d'une façon de procéder « exceptionnelle », car les témoins doivent normalement témoigner.

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