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Régie du logement : jusqu'à deux ans d'attente à Sherbrooke

Les propriétaires de logements et les locataires ont des revendications bien différentes, mais ils s'entendent sur un point : les délais de traitements à la Régie du logement à Sherbrooke sont beaucoup trop longs. Les délais sont d'un peu plus de deux mois pour les cas urgents, comme ceux d'insalubrité, mais peuvent aller jusqu'à 20 mois pour les causes non urgentes.

Parmi les plaintes non urgentes, on retrouve des cas de locataires bruyants ou des propriétaires qui refusent que le locateur garde un animal à l'intérieur de son logement. « Il y a trois catégories de causes civiles. Il y a les causes urgentes qui ont un délai de 2,2 mois. Il y a aussi les causes prioritaires et les causes générales. Certaines causes peuvent durer plus longtemps comme 20 mois pour une cause générale », explique le porte-parole de la Régie du logement, Denis Miron.

Attendre si longtemps peut causer bien des désagréments aux autres locataires et aux propriétaires. « Depuis quelques années certainement, c'est une problématique. Le propriétaire doit subir ces inconvénients et les autres locataires aussi », déplore la directrice adjointe du Regroupement des propriétaires d'habitations locatives de Sherbrooke, Annie Lapointe.

Même son de cloche du côté de l'Association des locataires de Sherbrooke. Chaque jour, une quinzaine de locataires s'adressent à l'organisme pour être conseillés et la plupart hésitent à présenter leur cas à la Régie du logement étant donné les délais.

« Ça n'a aucun sens! Certains me disent qu'ils vont quitter leur logement au risque d'être poursuivis. On a vu des causes où ça a pris trois ans avant qu'elles ne soient entendues. Pendant ce temps, c'est ton sommeil qui est perturbé. Il peut y avoir de l'intimidation et du harcèlement faits par le propriétaire. Qu'est-ce qu'on peut faire? On ne peut pas se faire justice soi-même », raconte son directeur, Normand Couture.

Pression auprès de la Régie

Le Regroupement continue à faire des pressions auprès du gouvernement pour qu'on ajoute du personnel à la Régie, et ce, dans l'espoir que les délais soient moins longs. « Il y a un manque de personnel flagrant. Les postes de régisseur ne sont pas tous pourvus et le nombre de causes augmente d'année en année. Les reports de causes occasionnent aussi des délais », affirme la porte-parole officielle en matière d'habitation pour le Parti québécois, Carole Poirier.

La Régie du logement du Québec soutient qu'elle reçoit, chaque année, de 70 000 à 75 000 nouvelles demandes, ce qui en fait le tribunal le plus achalandé du Québec, selon le porte-parole de l'organisation.

Cette semaine, l'Association des locataires de Sherbrooke présentera une demande afin de rencontrer les instances provinciales de la Régie du logement pour faire le point sur ces délais, trop longs à leur avis.

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