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Rencontre avec la première Reine du Carnaval de Sherbrooke

Le Carnaval de Sherbrooke qui bat son plein cette fin semaine se déroulera en l'absence d'une longue tradition : le choix d'une reine.

Délaissée en 2008, la pratique a d'abord pris naissance en 1968. Le choix de la reine n'était pas un concours de beauté ni d'habiletés, mais bien de vente.

« Il fallait vendre des billets pour obtenir des cartouches. Pour gagner, il fallait que cinq cartouches appartenant à une même duchesse soient pigées », raconte la première reine du Carnaval, Lisette Ducharme. L'événement se déroule alors à Ascot-Nord, le nom qu'a porté la ville de Fleurimont jusqu'en 1971.

La jeune femme a alors 18 ans. Elle fait du porte à porte pendant un mois pour réaliser le plus de ventes possible. Elle reçoit également un coup de main non négligeable de son père, un certain Julien Ducharme, alors maire de la petite bourgade d'Ascot-Nord. Son travail lui donne également l'occasion de serrer beaucoup de mains : il était vendeur de croustille.

« C'était un bon vendeur! », se rappelle la première reine. 

Au fil des années, le concours évolue. On délaisse parfois la vente de billets pour les remplacer par d'autres produits. 

« Les duchesses devaient vendre du chocolat, des chips et même des cigarettes. C'était une autre époque. Celles qui avaient le plus de vente avaient le plus de chances », se rappelle Maurille Robidas, un bénévole de longue date du Carnaval.

Le concours permettait de recueillir de précieux fonds pour l'organisation des activités de loisirs. En 1970, 5 000 dollars - l'équivalent de plus de 30 000 dollars aujourd'hui - avaient été amassés. 

« C'était beaucoup à l'époque! » ajoute M. Robidas.

Lisette Ducharme, elle, se rappelle encore très bien lorsqu'elle a accédé au trône. Elle conserve encore sa couronne, qui est toujours à portée de main.

« Je l'ai prêtée plein de fois, pour des costumes. Je l'ai prêtée à ma petite fille. Chaque fois je le dis : "C'est très important qu'elle revienne" », témoigne-t-elle.

Autres temps, autres moeurs

Le concours de la reine a été délaissé en 2008. La pratique était alors mal vue, indique le président du comité organisateur, Richard Caron. On ne ferme pas la porte à un retour. « Mais on n'a pas vraiment de demande pour ça, soutient M. Caron. Si les gens nous le demande, on pourrait le ramener. »

« Ça serait le fun que ça recommence. J'ai une de mes petites filles, tu peux être certain que je m'arrangerais pour en vendre des billets pour elle! » s'enthousiasme Mme Ducharme.

Le patriarche Julien Ducharme ne pourrait évidemment plus prêter main forte, entre deux livraisons de croustilles. Qu'à cela ne tienne, Lisette Ducharme a encore quelques trucs dans son sac.

« Mon mari à sa petite "run de chips", deux fois par semaine. Ça pourrait aider », conclut-elle en riant.

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