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Résident du pavillon Argyll attaqué dans son sommeil : sa veuve heureuse d'entendre enfin la vérité

Jeannette Rousseau n'a jamais cru que son mari, Serge-André Guérin, avait été impliqué dans une altercation en octobre 2016, comme le CIUSSS de l'Estrie - CHUS l'a toujours maintenu. Or, un document rendu public, faisant état de la situation, explique que l'homme de 74 ans a plutôt été agressé pendant qu'il dormait. Neuf mois plus tard, sa veuve est heureuse d'entendre la vérité.

Le soir du 3 octobre 2016, la femme de M. Guérin, Jeannette Rousseau, a été appelée vers 23 h 00. On lui avait alors dit que son mari « n'allait vraiment pas bien ». Arrivée une trentaine de minutes plus tard au pavillon Argyll, elle a appris son décès.Lorsqu'elle est entrée dans la chambre de son mari, pour elle, il n'y avait aucun doute. Son mari avait été « assassiné ben correct [...] Ils ont dit : ''Probablement qu'il est tombé sur le bord de son lit'', un paquet d'affaires, mais je suis assez intelligente que je savais que ce n'était pas ça. »

Elle a toujours soutenu que son mari n'était pas agressif. Maintenant que la lumière est faite sur l'incident, elle se dit heureuse de finalement entendre la vérité. « Quand j'ai été voir mon mari le soir du meurtre, je savais bien qu'il ne s'était pas battu. J'ai trouvé ça vraiment dommage d'avoir monté tout un bateau. Je suis contente que la nouvelle soit vraiment sortie. Il s'est fait agresser, dans son lit. »

J'avais un bon mari, il était très patient. Il n'aurait pas fait de tort à personne. Il était toujours prêt à aider. Quand on a des êtres que l'on aime, de les voir mourir de cette façon-là, c'est tragique. On a de la misère à s'en remettre. C'est trop vite, il aurait pu vivre encore de belles années.

Le rapport d'événement rendu public par le CIUSSS de l'Estrie - CHUS

Selon le rapport d'événement, l'homme dormait dans sa chambre lorsqu'il a été agressé. La scène, survenue vers 22 h 00, a été filmée par des caméras de sécurité. Une médecin a été appelée vers 22 h 30 et est arrivée une vingtaine de minutes plus tard. Le décès du résident a été constaté à son arrivée.

Dans ce document, on apprend également qu'aucun cadre du CIUSSS de l'Estrie - CHUS n'a été appelé le soir du drame. Un cadre se questionne d'ailleurs sur cette situation dans une correspondance du 4 octobre. Il se demande pourquoi « on a juste été informé 12 heures plus tard ». Rappelons que les services policiers ont aussi été avertis le lendemain.

Un manque de transparence du CIUSSS de l'Estrie - CHUS

L'avocat Jean-Pierre Ménard, spécialisé en droit de la santé, dénonce le manque de transparence du CIUSS de l'Estrie- CHUS dans ce dossier. « C'est quand même inquiétant l'information que l'on a eue. Ça laisse voir qu'il y avait probablement un problème assez sérieux de surveillance et d'organisation des soins et de réponse aux services d'urgences. »

Personnel bien formé

Selon Mme Rousseau, « il manquait du personnel ce soir-là. J'ai demandé qu'ils ajoutent du personnel de plus. Parce que le personnel de jour et de nuit, c'est important. C'est des cas [les patients], on ne sait pas comment ils peuvent réagir. » Jeannette Rousseau déplore qu'il ait fallu huit minutes au personnel avant d'intervenir auprès de son conjoint.

Jeannette Rousseau a d'ailleurs émis ses recommandations à l'établissement de santé. De son côté, le CIUSS de l'Estrie - CHUS gardera confidentiels les résultats de son enquête interne.

Soulignons qu'aucune accusation criminelle n'avait été déposée contre l'autre homme impliqué dans l'incident.

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