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Retour sur le parcours de deux familles de réfugiés arrivées à Sherbrooke il y a 10 ans

Dans la foulée de l'arrivée imminente de milliers de réfugiés syriens au pays dans les prochaines semaines, notre équipe vous propose un retour dans le temps. La journaliste Josée Vermette présente le parcours de deux familles de réfugiés rwandais et congolais dès leur arrivée à Sherbrooke en 2005, un parcours loin d'être de tout repos.

Un texte de Josée Vermette

Cette journée du 8 septembre a des airs de déjà vu pour Marc. C'est devant cet hôtel du centre-ville qu'il est lui-même arrivé au pays il y a trois ans. Il s'y retrouve pour accueillir la soeur de son épouse. Lorsqu'elles se voient pour la première fois, elles se serrent l'une contre l'autre. Les cris de joie retentissent.

Pour ce qui est de l'autre famille congolaise arrivée à Sherbrooke, elle est seule au monde ici. Deux fils sont morts pendant la guerre et le troisième est resté en Tanzanie. Ces nouveaux arrivants auront maintenant besoin de refaire le plein, les prochains jours seront très occupés.

Le lendemain matin, les deux familles ont rendez-vous au bureau d'Immigration Québec où elles reçoivent un cours accéléré sur les réalités du Québec, la charte des droits et libertés.

C'est à ce moment que naît la nouvelle identité d'Écasa, de Kashindi et de leur fille Mariette, ils détiennent maintenant un numéro d'assurance sociale, une carte d'assurance-maladie. Par la suite, déjà une première visite d'un quatre et demi dans le centre-sud de la ville, puis un autre au centre-ville. La famille fait son choix: ce sera le deuxième, un peu moins cher.

Une semaine s'est maintenant écoulée depuis leur arrivée. C'est le moment de quitter l'hôtel pour habiter leur logement. Encore une fois, les bénévoles se relayent, la journée sera très chargée. Il faut entre autres récupérer le bail, se rendre au bureau d'immigration afin de récupérer un premier chèque pour leur permettre de faire l'épicerie. À cela s'ajoutent les billets d'autobus pour deux semaines et aussi l'ouverture d'un compte de banque. Comme la famille ignore la valeur des devises canadiennes, elle se laisse guider par les bénévoles.

Six mois ont passé, la famille s'adapte à son nouvel environnement à l'exception de l'hiver dont elle guette les moindres soubresauts. Les enfants n'ont pas encore beaucoup d'amis, mais pour le père, la solitude est bien relative.

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