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Revers en Cour suprême : « On vole ma retraite », dit une acéricultrice

Une acéricultrice beauceronne est complètement dévastée que sa cause n'ait pas été entendue jeudi par la Cour suprême du Canada. Elle souhaitait vendre elle-même son sirop d'érable, mais devra plutôt passer par la Fédération des producteurs acéricoles du Québec (FPAQ).

Angèle Grenier, qui exploite une érablière à Sainte-Clotilde-de-Beauce, imaginait pouvoir financer sa retraite grâce aux profits de son entreprise.

Elle a plutôt englouti 150 000 $ en frais juridiques en plus d’avoir cumulé environ 300 000 $ en amendes à la FPAQ. Elle estime qu’on lui a volé sa retraite.

« C’était ma retraite à moi et mon mari et, ce matin, on vient de me l’enlever, dénonce-t-elle, en pleurs. Je ne pouvais pas concevoir qu’on ne pouvait pas avoir un peu de liberté en agriculture. Et là, je me rends compte que c’est un cercle fermé. Quand on parle d’un cartel, vous en avez la preuve. »

Les problèmes d'Angèle Grenier ont débuté en 2002 lorsqu'elle a commencé à vendre son sirop en vrac à un acheteur du Nouveau-Brunswick. La productrice a depuis eu plusieurs démêlés avec la FPAQ. Elle se bat depuis 2014 devant les tribunaux pour vendre « librement » son sirop d'érable.

Un « monopole »

Mme Grenier accuse la FPAQ d'exercer un « monopole ». Elle estime que le Québec devrait prendre exemple sur ses voisins. L’Ontario, le Nouveau-Brunswick et les États-Unis ne mettent pas de bâtons dans les roues des producteurs acéricoles, selon celle que l’on surnomme « l’acéricultrice rebelle ».

En juillet dernier, la Cour d'appel du Québec a rejeté la demande d'Angèle Grenier qui réclamait que les ventes de sirop d'érable à l'extérieur relèvent des règles fédérales et non de la FPAQ. En refusant d'entendre son appel et celui d'un autre producteur acéricole jeudi, le plus haut tribunal au pays confirme donc le maintien du régime actuellement en vigueur.

« On a toujours espérance de gagner, raconte-t-elle. Je croyais que si la politique ne peut rien, le juridique saura nous aider là-dedans pour aller chercher nos droits. Je prétends que je devrais avoir les mêmes droits que le Nouveau-Brunswick, l’Ontario et les autres provinces. Pour ma part, je crois qu’aujourd’hui, les droits canadiens ont été bafoués. »

Maintenant qu’elle n’a plus de recours, Mme Grenier souhaite trouver un arrangement avec la FPAQ pour les amendes qu’elle a cumulées.

Le Québec abrite plus de 7000 acériculteurs, qui fournissent ensemble 94 % de la production de sirop d'érable du pays et 70 % de l'approvisionnement mondial.

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