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Saisie de sirop d'érable : l'acériculteur Steve Côté, de Sawyerville, cesse le combat

L'acériculteur de Sawyerville Steve Côté, dont la demande d'appel a été rejetée hier par la Cour suprême, ne croit plus qu'il a les moyens de poursuivre sa lutte pour une plus grande liberté dans la vente de ses produits.

Un texte de Marie-Claude Lyonnais

Steve Côté se bat depuis des années pour que la Fédération ait moins de contrôle sur la production des acériculteurs et que ceux-ci puissent vendre leurs produits à leur guise. Selon lui, un acériculteur est un travailleur indépendant, et non un employé de la Fédération soumis à un contrat de travail.

Toutefois, les frais engendrés par les saisies et la perte de revenus ont sérieusement entamé ses ressources financières de M. Côté. L'acériculteur a également été condamné à payer 421 000 $ en différentes amendes à la Régie des marchés agricoles.

L'acériculteur s'est fait saisir sa production de sirop d'érable en 2013 parce qu'il exportait lui-même ses produits aux États-Unis sans passer par la Fédération des producteurs acéricoles du Québec. En rejetant la demande d'appel, la Cour suprême a validé la décision de la Cour d'appel, qui avait conclut que la Fédération avait un droit de revendication sur les récoltes de sirop d'érable.

S'il dit réfléchir encore aux options qui s'offrent à lui, M. Côté est conscient qu'il doit mettre une croix définitive sur sa production saisie. Il n'écarte pas l'idée de déménager au Nouveau-Brunswick pour avoir une plus grande liberté de fonctionnement.

Un cadre mis en place pour le bien des producteurs

La Fédération des producteurs acéricoles accueille cette favorablement cette décision, mais n'en reste pas moins désolée d'en être rendue à de telles avenues pour que la loi soit respectée.

Le directeur général adjoint de la Fédération des producteurs acéricoles, Paul Rouillard, ne croit toutefois pas qu'il s'agit d'un signe de mécontentement de la part des producteurs. Le cadre établi par la Fédération, pour contrôler la vente des produits de l'érable, a d'ailleurs été voté majoritairement par ses membres.

Pourtant, Steve Côté n'est pas le seul acériculteur mécontent. Certains producteurs dont les entreprises fonctionnaient bien avant la création de l'agence, et qui avait développé leur marché, ne comprennent pas pourquoi ils ne sont plus maîtres chez eux. D'autres ont également reproché à la Fédération de prélever 12 ¢ la livre de sirop pour financer une agence qui leur paraît inutile.

En quelques années, la Fédération a d'ailleurs fait saisir des centaines de milliers de livres de sirop. Une soixantaine de litiges se sont d'ailleurs retrouvés devant les tribunaux.

Paul Rouillard persiste et signe : il s'agit, selon lui, d'un système qui a ses avantages. Les prix sont négociés chaque année par un seul intermédiaire, ce qui permet d'assurer une certaine stabilité aux producteurs et une meilleure gestion de leur entreprise.

Il admet que ce système a pu attirer la concurrence dans la province, en raison de la stabilité des prix. Bien que ce bouleversement pourrait entraîner des changements à la mise en marché, il rappelle que l'industrie acéricole québécoise est tout de même en pleine croissance, depuis quelques années.

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