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Sécurité ferroviaire à Lac-Mégantic : le NPD critique les propos du chef conservateur Stephen Harper

Le coprésident de la campagne du NPD au Québec, Alexandre Boulerice critique vivement les propos du chef conservateur Stephen Harper relativement à la tragédie de Lac-Mégantic.

Un texte de Marie-Claude Lyonnais

Interrogé sur les intentions de son parti pour améliorer la sécurité des rails, lors de son passage à Victoriaville vendredi avant-midi, Stephen Harper a mentionné que dans le cas de Lac-Mégantic, les règles avaient été brisées, des accusations criminelles avaient été déposées et qu'il n'allait pas commenter une cause devant les tribunaux.

« C'est nécessaire de respecter les règles. Si des compagnies ne respectent pas les règles, elles seront mises responsables, et c'est ce que nous avons fait », a souligné le premier ministre sortant.

Stephen Harper a toutefois mentionné que Transports Canada travaillait fort avec les communautés et l'industrie pour mettre en place les changements suggérés par le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) pour améliorer la sécurité.

Alexandre Boulerice a condamné cette attitude, accusant le chef conservateur de s'en laver les mains. Il soutient que le gouvernement a sa part de responsabilité dans la tragédie, notamment en ayant laissé l'industrie s'autoréglementer, et en ayant autorisé une exemption à la Montreal Maine and Atlantic (MMA), la compagnie impliquée dans l'accident, qui lui a permis d'avoir un seul conducteur sur la ligne, le soir de la tragédie.

Alexandre Boulerice estime que le gouvernement conservateur a traîné dans ce dossier. Selon lui, la mise en place d'un organisme indépendant n'aurait été ni compliquée, ni coûteuse.

« Ça fait longtemps qu'on réclame beaucoup plus d'action de la part du gouvernement conservateur, et on n'a rien vu. On a poussé le dossier du retrait des DOT-111, mais il faut accélérer les choses », affirme-t-il.

Ce n'est pas la première fois que le NPD critique l'attitude du gouvernement Harper dans ce dossier. Lors du deuxième anniversaire de la tragédie,Thomas Mulcair avait accusé le gouvernement de ne pas encadrer suffisamment le transport de marchandises dangereuses. Il s'était d'ailleurs prononcé en faveur d'une voie de contournement à Lac-Mégantic.

Vives critiques envers les conservateurs

Ottawa a souvent été la cible de commentaires acerbes relativement à sa gestion du transport ferroviaire, à la suite de la tragédie.

Plusieurs résidents de la région de Lac-Mégantic ont dénoncé le passage de voies ferrées dans leur municipalité et déploré la piètre qualité des installations ferroviaires. Un comité citoyen a d'ailleurs déposé une liste de recommandations, endossées par la Ville de Lac-Mégantic, vendredi, réclamant entre autres que les vérifications du réseau soit faites par un organisme externe.

L'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) a également accusé le gouvernement Harper d'être complice de la catastrophe ferroviaire, en ayant relâché dangereusement les règles encadrant le transport par chemin de fer au pays.

Même le BST s'est dit préoccupé, en 2015, que le ministère n'ait pas encore mis en place un programme de surveillance efficace garantissant que toutes les sociétés ferroviaires fassent l'objet de vérifications suffisamment fréquentes pour que les problèmes de sécurité soient corrigés à temps.

En juillet dernier, la ministre des Transports, Lisa Raitt avait admis pour la première fois qu'il y avait des problèmes au sein de Transports Canada au moment de la catastrophe de Lac-Mégantic.

Le ministère, selon elle, a revu ses méthodes de fonctionnement dans la foulée de la tragédie du 6 juillet 2013, et de nombreux changements ont été apportés.

La ministre n'a toutefois jamais voulu dire qu'elle était la part de responsabilité de son gouvernement dans ce dossier.

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