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Station-service à Ascot : les citoyens à la merci du promoteur

Une dernière lueur d'espoir demeure pour les citoyens du secteur Ascot, à Sherbrooke, qui craignent de voir une station-service s'implanter sur le terrain situé au coin des rues Dunant et Thibault. Ils espèrent que l'acheteur du terrain ne sera pas une compagnie pétrolière.

Un texte de Charles Beaudoin

C'est ce qu'a expliqué Robert Pouliot, le conseiller municipal du secteur, lundi soir, après la séance du conseil, où une vingtaine de citoyens s'étaient déplacés dans le but de tuer dans l'oeuf un tel projet.

« Oui, il y a un projet de station-service, mais il y a aussi une porte ouverte à des contracteurs qui voudraient construire du résidentiel. Le propriétaire prépare son terrain pour le mettre à niveau pour des acheteurs. Ça ne veut pas dire que ce sera une pétrolière qui sera la plus intéressée. Ce n'est pas fait encore », a nuancé l'élu.

Les porte-paroles du Comité de citoyens et citoyennes Sauvé-Dunant, Dominique Vigneux-Parent et Mélanie Pelletier, ont déposé une pétition qui a recueilli 879 signatures – dont plus de 600 en ligne – au cours des quatre derniers jours.

« On n'avait aucune connaissance de ce qu'ils voulaient construire là. On a fait des recherches à la Ville. Chaque citoyen a appelé et personne ne voulait nous répondre. Jeudi dernier, on nous dit que c'était une station-service. On ne nous a jamais consultés. C'est assez précipité pour tout le monde. C'est un manque de transparence », décrie Mme Pelletier.

Les Sherbrookois qui demeurent dans le quartier situé en face du mont Bellevue sont sous le choc depuis plus d'un mois. L'ensemble du boisé qui se trouvait à l'entrée du quartier résidentiel a été rasé soudainement et des travaux de dynamitage ont été entrepris la semaine dernière, ce qui a même mené à l'évacuation de deux résidences en raison d'une fuite de gaz.

« Ils veulent construire une station d'essence entre les maisons, devant un parc. Ça n'a pas de bon sens. Moi, je vis du stress chaque jour et je n'ai plus envie de rester là-bas. J'ai dit au monsieur qui fait des explosions : ''Je veux vendre la maison pour un sou! Achetez-la! '' », déplore en larmes Gabriela Briota, qui habite la maison adjacente au terrain du promoteur Luc Élias.

Le terrain est zoné résidentiel en vertu de l'adoption du règlement 1200 qui uniformise le zonage des anciennes villes fusionnées, mais le permis de construction a été délivré avant son entrée en vigueur. Le terrain était zoné commercial sous l'ancienne ville d'Ascot, ce qui fait que Sherbrooke n'a plus aucun pouvoir, note le maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny.

« Je comprends qu'on peut avoir des inquiétudes, mais tout ça est géré à partir de règles et de normes qui sont éprouvées », a déclaré Bernard Sévigny tout en se disant empathique à la situation des citoyens d'Ascot.

« Il est un peu tard aujourd'hui, a-t-il toutefois ajouté. Si on dit au promoteur qu'on n'honore pas son permis, c'est clair qu'on se fait poursuivre. Il y a des conséquences à ça. Quand on répond au zonage, aux critères, on obtient un permis et on a l'obligation de l'émettre. Et le projet se fait. »

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