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Steve Hurdle se plaint de ses conditions de détention

Du fond de sa cellule de la prison de Rivière-des-Prairies, le pédophile Steve Hurdle, 37 ans, affirme ne pas avoir droit à un suivi psychologique et aux ressources nécessaires pour se défendre. Alors qu'il risque d'être déclaré délinquant dangereux, il demande au tribunal d'ordonner au Service correctionnel du Canada de revoir ses pratiques.

Un texte de Geneviève Garon

Le crâne rasé, des lunettes rectangulaires, petit dans le box des accusés, Steve Hurdle tient entre ses mains menottées une feuille de papier à laquelle il se réfère pour s'adresser à la juge Silvie Kovacevich, de la Cour du Québec, au palais de justice de Montréal.

S'exprimant avec une relative aisance, l'homme qui se représente seul s'estime victime de « maltraitance » et affirme avoir de la difficulté à préparer « une défense pleine et entière ».

Steve Hurdle tente d'éviter d'être déclaré délinquant dangereux, après avoir commis plusieurs crimes sexuels sur des enfants depuis 2001. Il a entre autres agressé sexuellement une fillette dans un magasin Dollarama de Sherbrooke en 2005, et une autre dans le vestiaire d'une piscine de Montréal, en 2014.

Pas de psychologue ni d'ordinateur et trop peu de sorties

Les trois requêtes qu'il a déposées en Cour cette semaine et dont Radio-Canada a obtenu copie sont soigneusement rédigées à la main et adressées au ministère de la Sécurité publique.

Dans l'une d'elles, Steve Hurdle affirme ne pas recevoir les soins psychologiques dont il a besoin et voudrait que la prison offre les services d'un membre de l'Ordre des psychologues du Québec à tous les détenus qui en ressentent le besoin.

« Cette négligence n'est bon pour personne. Beaucoup de gens sont arrêtés, entre autre, parce qu'ils étaient troublé, et ils vont ressortir non-traité, est assez lourdes de conséquences pour la société. » (sic : les erreurs sont ainsi dans la requête)

Ensuite, Steve Hurdle se plaint de subir « un traitement cruel et inusité » puisqu'il n'est pas incarcéré avec la population générale, mais plutôt avec d'autres délinquants sexuels, qui bénéficient de moins de sorties dans la cour, de programmes et de services, selon lui.

Dans la dernière requête, le détenu estime qu'il manque de ressources dans son « cachot » pour préparer sa défense. Il demande au tribunal s'il est normal d'« attendre six mois pour faire à l'ordinateur une requête de nature urgente? » Il se plaint aussi que le Service correctionnel du Canada viole son droit à la vie privée en ouvrant son courrier en lien avec les procédures judiciaires.

À la recherche d'un avocat

Trois avocats ont démissionné, dans le dossier de Steve Hurdle dans les dernières années, ce qui fait qu'il se représente seul depuis un an.

Cela a considérablement ralenti les procédures entourant la possibilité qu'il soit déclaré délinquant dangereux. Il s'agit d'une mesure exceptionnelle qui permettrait de le garder derrière les barreaux pour une période indéterminée.

Steve Hurdle a donc signifié son intention de présenter une autre requête dans les prochains jours afin que l'État lui paie un avocat avec des honoraires plus élevés que les barèmes de l'aide juridique. Vu la complexité de son dossier, il est nécessaire qu'il puisse embaucher un avocat d'expérience pour le représenter, justifie-t-il : « J'ai beau être proactif, des choses sont hors de ma compétence », explique-t-il.

Steve Hurdle sera de retour en Cour vendredi.

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