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Suicide médicalement assisté : le ministre Barrette attend la décision d'Ottawa

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette est catégorique : la loi du Québec encadrant l'aide médicale à mourir n'inclut pas le suicide médicalement assisté, un enjeu soulevé par l'histoire de Jean Brault, qui a dû faire une grève de la faim pour être admissible à l'aide à mourir. Pour envisager un changement, il faudra attendre la décision d'Ottawa.

À la suite d'une embolie à 19 ans, l'homme est devenu paralysé partiellement. Après des années de détresse, il a entamé des démarches pour mettre fin à ses jours. Ce n'est qu'après de nombreuses démarches et deux grèves de la faim qu'il a réussi à mourir dans la dignité. Avant de s'éteindre, il a toutefois tenu à dénoncer ce qu'il jugeait être une loi « manquant d'humanisme ».

« Le cas de Sherbrooke est un cas qui est intéressant. Dramatique, mais intéressant, parce qu'on est à la jonction de deux choses », a réagi le ministre Barrette mercredi matin. Pour l'instant, cependant, pas question « d'assouplir la loi ».

Le ministre dit attendre la prise de position d'Ottawa sur cet enjeu. Le gouvernement fédéral doit déposer jeudi son projet de loi sur l'aide médicale à mourir, une demande de la Cour suprême du Canada. 

Dans une décision rendue en février 2015, la Cour suprême a invalidé l'article du Code criminel qui interdit à un médecin d'aider quelqu'un à s'enlever la vie dans des circonstances bien précises, « ouvrant ainsi la porte » au suicide assisté, selon M. Barette. 

La voie qu'Ottawa prendra n'a cependant rien à voir pour l'instant avec la Loi concernant les soins de fin de vie adoptée au Québec, a-t-il répété.

« Ici, il ne faut pas mélanger deux choses. Notre loi, elle est claire. Elle est appliquée telle qu'elle, ça va très bien, et quand on mélange le cas de M. Brault, dramatique, à notre loi, ce sont deux univers complètement séparés qui vont peut-être se rejoindre quand le fédéral va rendre sa décision », a-t-il déclaré.

Un témoignage fort émouvant pour Véronique Hivon

La députée de Joliette, Véronique Hivon, co-auteur du projet de loi sur les soins de fin de vie, a souligné avoir été émue et bouleversée par le témoignage de Jean Brault. 

« On entend la souffrance, et on ne veut pas que les gens souffrent [...] Le but de la loi, c'est d'accompagner les gens en fin de vie pour limiter leurs souffrances », mentionne-t-elle. 

Elle déplore que l'homme ait dû faire une grève de la faim pour arriver à ses fins. Elle souligne d'ailleurs que lors des auditions de la commission spéciale entourant le projet de loi, plusieurs personnes ont rapporté que des proches à l'agonie avaient cessé volontairement de se nourrir pour abréger leurs souffrances, parce que l'aide à mourir n'existait pas. 

Elle soutient qu'avoir inclus le suicide assisté dans cette loi, pour des gens qui ne sont pas en fin de vie, aurait fragilisé la loi et que cela aurait été « irresponsable ». D'ailleurs, en raison des compétences provinciales sur la santé, elle affirme qu'il n'est pas possible de changer le cadre actuel de la loi, et que la question du suicide assisté échoue dans les mains du fédéral.

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