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Sursis pour les propriétaires de frênes à Sherbrooke

Les Sherbrookois qui possèdent plus de 10 frênes sur leur terrain pourront dorénavant amortir sur une période de 10 ans les traitements obligatoires visant à lutter contre la propagation de l'agrile du frêne.

Un texte de Charles Beaudoin

Les élus ont modifié le règlement numéro 1 de la Ville de Sherbrooke, mardi soir, lors de la séance du conseil municipal, dans le but de permettre aux citoyens de soumettre un « plan de gestion » indiquant les actions qu'ils comptent prendre au cours de la prochaine décennie sur leurs frênes. Les arbres pourront entre autres être traités progressivement ou abattus s'ils sont remplacés par de nouveaux arbres dans l'année qui suit.

Auparavant, le règlement stipulait que les propriétaires de frênes se trouvant à l'intérieur de 300 mètres d'un arbre infesté par l’agrile avaient 30 jours pour décider s’ils traitaient leurs frênes au Treeazin ou s’ils étaient abattus. En février, un citoyen avait sonné l'alarme, disant qu'il serait contraint à débourser des milliers de dollars en l'espace de quelques mois pour traiter les 14 frênes situés sur son terrain.

« En effet, lorsqu'il y en avait beaucoup beaucoup, c'était un problème monétaire pour certaines personnes. Il y en avait qui en avait beaucoup plus que 10, donc oui, on est allé de l'avant avec le projet et c'est très bien », a mentionné le maire de Sherbrooke, Steve Lussier.

215 000 $ supplémentaires demandés

Environ 12 000 frênes se trouveraient sur des terrains privés à Sherbrooke en plus des quelque 2500 enracinés sur des terrains publics.

« On a huit zones d'infestation concentrées dans le territoire du district du Carrefour. Il y a 166 propriétaires privés qui sont touchés, pour un total de 765 frênes et du côté des frênes publics, il y a environ 110 dans la même zone », précise Guylaine Boutin.

Le plan d'action de la Ville est estimé à 5,7 millions de dollars sur 10 ans. Mardi, une demande de budget additionnel de 215 000 $ a par ailleurs été faite aux élus par le service de l'entretien et de la voirie « pour accomplir toutes les activités étant donné les huit foyers d’infestation déjà connus et ceux à venir », ce qui porte la facture à 400 000 $ pour 2018.

« Il va y avoir progression de l'agrile, c'est indéniable, mentionne Mme Boutin. Par contre, ç'a n'a pas bougé depuis le dernier foyer d'infestation trouvé au début mars. Pour l'instant il n'y a rien de nouveau, mais il va y en avoir d'autres assurément, parce que dans toutes les municipalités touchées par l'agrile du frêne, ç'a s'est étendu à l'ensemble du territoire. »

Un montant de 100 000 $ sera ajouté au budget tandis que 115 000 $ proviendront d'un transfert d'enveloppe. Les conseillers Vincent Boutin et Évelyne Beaudin ont tous deux enregistré leur dissidence, soulignant qu'un budget restreint avait été adopté en décembre pour permettre un gel de taxes aux citoyens.

« Moi, quand il y a eu le gel de taxes, je ne voulais pas qu'on revienne à la pièce refaire des projets qu'on a faits et là, c'est ce qu'on vient faire aujourd'hui. L'autre fois, c'était le Festival du lac des Nations avec 75 000 $ », a déploré l'élu du district Quatre-Saisons.

« Ça, c'est de l'inattendu qu'on appelle, s'est défendu le maire Steve Lussier. L'agrile du frêne, c'est nouveau. »

« On a bien fait de faire le gel de taxes. Dans l'ancienne administration, on a augmenté les taxes de plus de 12%. Il faut revenir à la réalité On a tiré une ligne entre le passé et le futur », a-t-il ajouté.

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