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Tempête à Sherbrooke : quand votre rue sera-t-elle déneigée?

Chaque année, il tombe, en moyenne, près de 3 m de neige sur Sherbrooke. Pour arriver à rendre les rues, les trottoirs, les stationnements de la ville sécuritaires, toute une équipe d'employés se coordonne dans un balai orchestré dans les moindres détails.

Un texte de Geneviève Proulx

Cliquez sur votre rue dans la carte interactive pour connaître sa priorité de déneigement. Pour visualiser la carte sur un appareil mobile, cliquez ici : Carte

La chorégraphie commence dans les bureaux de la voirie où les radars météo et autres gadgets technologiques sont consultés sans arrêt afin que les équipes soient prêtes au moment où dame nature se déchaîne. « Nous effectuons une veille météo chaque jour avec des outils spécialisés. Il y a toujours quelqu'un qui patrouille le réseau routier et ce 24 heures par jour, sept jours par semaine », explique le grand patron de la voirie à la Ville de Sherbrooke, Gaétan Naud.

Malgré la croyance populaire, il ne faut pas un minimum de neige accumulée au sol pour que les niveleuses, épandeuses et chasse-neige sortent du garage municipal.

Quand il y a une bonne bordée de 30 ou 40 cm, l'opération d'enlèvement de la neige peut s'étendre sur cinq jours. « Ça peut même aller à 12 jours selon la quantité tombée », dit M. Naud.

Le directeur sait de quoi il parle. On se souviendra d'un certain 14 février où 64 cm de neige étaient tombés à Sherbrooke et d'une autre bordée qui avait laissé 70 cm en 2011. Des tempêtes qui avaient paralysé la ville pendant plusieurs jours.

Évidemment, tous voudraient voir leur rue être déblayée avant 7 h. Mais pour rendre le réseau sécuritaire, il faut faire les choses dans les règles de l'art. « Tout est mappé avec un ordre précis. Tant que les priorités de déneigement numéro 1 ne sont pas maîtrisées, on ne passe pas aux priorités 2 et 3 », explique-t-il.

Au total, on compte 17 circuits de déneigement de trottoirs, 28 circuits d'épandage et 33 circuits de grattage sur l'ensemble du territoire de Sherbrooke.

Il n'est peut-être pas si loin le moment où chaque citoyen pourra voir, en temps réel, où en est le déneigement de son secteur. Le Ville est en train d'implanter un système de géolocalisation dans les véhicules pour éviter les possibilités d'oublier des rues ou des trottoirs. « Ça va nous permettre d'être encore plus vigilants. Cette année, on a commencé avec les chenillettes à trottoirs puis on fera les camions plus tard. »

Parce que oui, il arrive que des rues soient oubliées ou que des trottoirs soient mal déneigés. L'erreur est peut-être humaine, mais elle force le service à s'améliorer. « Pour une bonne tempête, on peut recevoir une centaine de requêtes ou de plaintes de citoyens. Ça va du fait qu'on passe trop tard à ceux qui trouvent qu'on passe trop tôt ou trop souvent et pas assez souvent. Mais on s'en occupe! Des fois, les gens ont raison. On en prend compte et on corrige la situation. Il faut s'analyser pour trouver des pistes d'amélioration », assure Gaétan Naud.

Mais n'allez pas croire qu'avec l'hiver tranquille que l'on connaît, la centaine de cols bleus de la voirie attendent à la maison que des flocons daignent sortir de leur nuage. Que non! « Quand il ne neige pas, ils sont affectés à d'autres tâches comme au pavage des nids-de-poule, à la réparation d'aqueduc ou pour peinturer des remises, par exemple. On n'arrête jamais! »

Il faut voir le bon côté des choses. Un hiver famélique au niveau de la neige amène un petit printemps de trous et cratères dans la chaussée. « C'est un des hivers les plus tranquilles que je n'ai jamais vus. On est en contrôle des nids-de-poule, mais c'est fragile. On a fait un bon travail l'été passé dans la réfection de pavage. Ça devrait être mieux cette année. Ça devrait! » espère Gaétan Naud.

Les employés n'entrent toutefois pas au travail, de façon systématique, la fin de semaine. « Le week-end, nous avons un système de pagettes. Il y a toujours 20 travailleurs de garde. En un clic, on les rejoint tous en même temps. C'est très rapide! Pour le reste, on cédule les gens 8 h d'avance. »

La planification, même si elle est parfois impossible à faire dans les moindres détails, est la clé de la réussite d'une bonne opération de déneigement. « Une heure trop tard, c'est une heure de perdue qu'on ne peut pas rattraper », souligne le directeur.

 

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