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Théâtre Centennial : une triste perte soutient la directrice Luce Couture

La décision de ne plus présenter de spectacles professionnels au Théâtre Centennial de Sherbrooke attriste grandement sa directrice, Luce Couture qui y travaille depuis plus de 30 ans.

« J'ai été un diffuseur. C'est ça que j'ai été. Maintenant, je sens que je m'en vais », confie celle qui est arrivée au Centennial en 1983 afin d'attirer les publics francophones et qui en est devenue directrice de la programmation en 1987.

Écouter l'entrevue de Luce Couture avec Dominic Tardif

La décision de délaisser les spectacles professionnels a été déchirante, ajoute Mme Couture. Mais ce que vit le Centennial n'est pas unique. Un peu partout les diffuseurs en arrachent.

« Les artistes qui viennent ici aiment la salle parce que l'acoustique est super. Pour eux, 200 personnes, c'est bon. Mais c'est une grande salle. On est pris avec. Je ne suis pas certaine qu'il y a beaucoup de salles qui se remplissent. Je fais partie de beaucoup de réseaux et les salles sont désaffectées dans bien des cas », soutient-elle.

Des souvenirs et des honneurs plein la tête

« Les premiers spectacles que j'ai vus ici, ce sont ceux du département de théâtre. C'était dans les années 1970. Le premier spectacle professionnel que j'ai vu, c'était le Grand Magic Circus de Jérôme Savary. J'avais été tellement impressionné de ce théâtre-là, comment on recevait le propos des artistes que j'ai toujours eu le goût de revenir ici », s'est-elle rappelé.

Elle a encore en mémoire des rencontres avec Loreena McKennitt, Carla Bley, Gary Burton, Larry Coryell, Steve Swallow et avec l'acteur Patrick Swayze qui était venu présenter le film City of Joy en première mondiale.

Femme très estimée du milieu de la diffusion au Québec, elle a remporté, entre autres, le Prix Reconnaissance de la Bourse Rideau pour son « apport extraordinaire à l'avancement et au rayonnement des arts de la scène » en 2013. Le Centennial a remporté le Prix Opus du meilleur diffuseur pluridisciplinaire en 2016 et 2012, ainsi que le Prix Opus du Meilleur diffuseur en 2006.

Le Centennial était un lieu particulièrement important pour la danse ; Luce Couture entretenait des liens privilégiés avec les grands chorégraphes québécois comme Ginette Laurin, Marie Chouinard, Edouard Lock et Louise Lecavalier.

« On avait développé, avec le Centre culturel de l'Université de Sherbrooke, une série danse. C'est très rare. Au Canada, en région, nous étions l'un des seuls à faire ça. On était reconnu pour ça. Le Centre culturel ne fait qu'un spectacle de danse par an à partir de cette année. »

Un public qui change

Luce Couture croit que de présenter des propositions singulières touchant à la danse, à la musique du monde ou au jazz, le Centennial remplissait une mission à part, permettait aux gens d'apprivoiser ce type de culture.

« On avait commencé à développer des publics dans ces disciplines. C'est sûr que c'est plus difficile de rejoindre le monde avec des choses qu'ils ne connaissent pas, qu'ils ne voient pas à la télé. Quand ils commencent à apprécier, à savoir ce que c'est, ils reviennent. Ça ne se fait pas en criant ciseau. »

Selon elle, le public a changé au cours des trente dernières années.

« Le jeune public est de moins en moins là. La formation des maîtres, l'éducation artistique ne font plus partie de ce qu'il se fait dans les écoles et ça paraît, souffle Luce Couture. Il n'y plus beaucoup d'écoles qui sortent, qui amènent les enfants au théâtre. »

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