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Tour de télécommunications à Bolton-Est : injonction accordée à Bell

Le juge de la Cour supérieure du Québec Gaëtan Dumas accorde l'injonction interdisant aux manifestants de Bolton-Est de bloquer l'accès à un terrain à Bell, qui souhaite y ériger une tour de télécommunications.

Un texte de Christine Bureau

Les manifestations ne pourront plus manifester à moins de 7,5 mètres du terrain pendant une période de dix jours. 

Bell demandait qu'une décision soit rendue rapidement dans ce dossier, en raison des retards accumulés par la présence des manifestants. Quant au montant exigé en dommages et intérêts, la décision sera rendue le 17 août.

« On est très déçu. On comprend que le juge a pris cette décision parce qu'il a reçu beaucoup de documents préparés par les avocats de Bell. Nous, on a reçu cela sur place ce matin, on a été invité à se présenter en cour vers 19 h 10, hier soir.  On n'a pas eu le temps de trouver un avocat, on n'a pas eu le temps de se défendre », déplore April O'Donaughue, une des manifestantes visées par l'injonction.

Elle soutient toutefois qu'ils refusent de baisser les bras et vont continuer à manifester leur désaccord.

Un blocage « illégal »

Les opposants au projet de construction d'une tour de télécommunications à Bolton-Est ont reçu mercredi soir la demande d'injonction interlocutoire de la part de Bell Mobilité. La demande a été présentée devant le tribunal jeudi matin, à Granby.

L'entreprise voulait notamment obtenir des ordonnances « contre les défendeurs et les manifestants qui les accompagnent afin qu'ils cessent immédiatement de bloquer illégalement l'accès au terrain situé au 1016, route Bolton Pass »

« Cette obstruction [est] destinée à l'empêcher de construire une tour de télécommunications sans fil qui a été pourtant dûment autorisée par Industrie Canada », poursuit le document. 

23 000 $ demandés en dommages 

Depuis lundi, plusieurs manifestants se relaient pour empêcher les travailleurs de Bell d'entrer sur l'emplacement où doit commencer l'installation de la tour de 60 mètres. 

Le document mentionne le nom d'April O'Donoughue, l'une des porte-paroles du groupe d'opposants, ainsi que celui de son conjoint, Frank Salvatori, et de Normand Roy. 

Le document relate les tentatives de Bell Mobilité pour accéder au terrain, le refus des policiers d'intervenir « sous prétexte qu'il s'agit d'un litige civil », les intentions des manifestants de maintenir leur position et leur « dogmatisme ». 

Jusqu'à maintenant, les retards ont coûté 15 500 $ à Bell Mobilité, notamment en raison des « coûts de transports inutiles ». Ce montant est demandé aux défendeurs à titre de dommages-intérêts, et une somme de 2500 $ chacun leur est demandé pour dommage punitif. 

« Jane et John Doe » aussi dans la mire  

Outre les trois défendeurs, la demande de Bell Mobilité visait également « John et Jane Doe », une expression anglaise qui sert à désigner une personne non identifiée. 

Bell Mobilité soutient qu'April O'Donoughue, Frank Salvatori et Normand Roy sont « les principaux leaders du groupe », mais que plusieurs personnes se présentent « à toute heure du jour » pour s'assurer qu'il y ait suffisamment de personnes pour bloquer le terrain. 

Le conflit entre les citoyens et Bolton-Est dure depuis trois ans. Dans sa demande d'injonction, Bell Mobilité souligne avoir décidé d'aller de l'avant avec la construction de sa tour le 8 août dernier, « après que l'arrêt Rogers Communications inc. contre Châteauguay a été rendu ».

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