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Tourisme Cantons-de-l'Est : la retraite pour Alain Larouche

L'heure de la retraite a sonné pour Alain Larouche. Le directeur général de Tourisme Cantons-de-l'Est quittera ses fonctions en septembre prochain, soulignant le 30e anniversaire de son arrivée à la tête de l'organisation.

Un texte de Carl Marchand

« J'avais le goût de tourner la page », lance l'homme de 63 ans, qui compte 40 ans d'expérience dans l'industrie touristique.

« Ce n'est pas parce que je m'ennuie, c'est parce qu'il y a une conjoncture pour moi et pour l'organisation qui s'y prêtait bien. »

Du Saguenay-Lac-Saint-Jean jusqu'à la Louisiane

Natif de Saint-Coeur-de-Marie, maintenant Alma, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, Alain Larouche termine des études d'anthropologie à l'Université Laval et à l'Université York avant de prendre la route de la Louisiane. Pendant plusieurs années, il étudiera l'intégration des Acadiens à la culture américaine.

« Après un certain temps, je voulais vivre une vie autrement qu'en étudiant des choses que d'autres faisaient », confie-t-il.

Résultat : il devient gestionnaire d'une entreprise de croisières dans sa région natale. On lui doit aussi le développement du Musée Louis-Hémond, de Péribonka. Après quoi, il sera directeur de l'Association touristique régionale du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

L'arrivée en Estrie

C'est à 33 ans, quelques jours après la fête du Travail 1987, qu'il fait son entrée à Tourisme Cantons-de-l'Est.

L'Association compte alors trois employés. Son budget annuel est de 400 000 dollars. Le premier guide touristique, publié à 100 000 exemplaires, est imprimé sur du papier brun.

Une progression fulgurante

Trente ans plus tard, l'organisme fournit du travail à une quinzaine de personnes et quelques contractuels. Le budget, lui, a été multiplié par 10, pour atteindre 4 M$.

En 2003, l'adoption d'une taxe sur l'hébergement touristique, après trois ans de discussions, permet de dégager des budgets importants pour la promotion et le marketing.

Alain Larouche se dit particulièrement fier de la signature développée en Estrie : une région où les grands attraits comme le Zoo de Granby et le parc du Mont-Orford côtoient le tourisme gourmand et les activités centrées sur l'art de vivre. 

« Nous sommes 425 000 résidents dans la région touristique des Cantons-de-l'Est et nous recevons chaque année 9 millions de visiteurs. Ça rapporte 700 millions de dollars dans nos communautés et nos commerces.

Des projets plein la tête

Alain Larouche n'a jamais eu l'impression de délaisser son champ d'études en travaillant dans le monde touristique.

« On est dans le plus grand chantier d'anthropologie que l'humanité n'a jamais porté, analyse-t-il. Chaque année, un milliard de personnes changent de pays et payent pour aller rencontrer les gens des autres cultures. »

L'homme s'était toujours dit qu'il amorcerait son doctorat à 50 ans. La vie en aura décidé autrement. Mais l'ancien chercheur se promet de retourner à ses anciennes amours.

« Un éditeur m'a offert de publier mon mémoire de maîtrise sous forme d'essai. Il faudra que j'aille la mettre à jour en Louisiane pour voir comment les choses ont changé », explique-t-il.

Chose certaine, pas question de déménager ses pénates pour retourner dans sa région natale du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Le fond de bleuet demeure, mais ses racines se sont solidement implantées.

« J'aime beaucoup la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, mais j'ai vraiment adopté et j'ai été adopté par l'Estrie. Je demeure ici. C'est la plus belle des régions du Québec! »

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