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Tragédie de Lac-Mégantic : début du procès des 3 coaccusés

Le procès des trois coaccusés en lien avec la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic s'est ouvert lundi au palais de justice de Sherbrooke. Le juge Gaétan Dumas a accueilli le jury composé de 14 personnes -10 hommes et 4 femmes- formé vendredi.

Après avoir relu l’acte d’accusation, Jean Demaître, Richard Labrie et Thomas Harding ont plaidé non coupables d’avoir par négligence criminelle causé la mort de 47 personnes en juillet 2013. Par la suite, le juge a expliqué les principes de base qui seront importants tout au long du procès, et ses attentes. « Vous êtes les juges des faits et je suis le juge du droit. Vous êtes les seuls juges de la preuve. Lorsque je vous donne des directives en droit, vous devez les suivre », a expliqué aux jurés le juge Dumas.

Deux principes sont centraux à tout procès : la nécessité d’une preuve hors de tout doute raisonnable et la présomption d’innocence. « Ne vous formez pas une opinion trop tôt. Ne discutez d’aucune conclusion entre vous avant de vous retirer dans la salle de délibérations », a-t-il ajouté.

Déclaration d’ouverture de la Couronne

La procureure aux poursuites criminelles et pénales, Véronique Beauchamp, a d’abord résumé la preuve qui sera présentée au jury au cours du procès. En tout, 36 témoins, des policiers, des civils et un expert ferroviaire seront appelés à la barre. Des photos, des vidéos, des enregistrements audios et des documents de lois et règlements seront présentés aux jurés.

Me Beauchamp a rappelé les faits et expliqué la thèse de la Couronne. Le 5 juillet 2013, le conducteur de train Thomas Harding a laissé un train transportant du pétrole brut sur la voie principale à Nantes, à une dizaine de kilomètres de Lac-Mégantic. Trente minutes plus tard, le contrôleur ferroviaire Richard Labrie a reçu un appel lui signalant que le train était en feu. L’incendie était localisé dans la locomotive de tête. Les pompiers ont été appelés sur les lieux un peu avant minuit et ils ont éteint le moteur de la locomotive. Les trois accusés en ont été avisés. À 12 h 56, une heure après l'extinction, le convoi est partie à la dérive, a déraillé, et c'est ce qui a provoqué une explosion et un incendie majeur au centre-ville de Lac-Mégantic, causant la mort de 47 personnes.

La Couronne prétend que chacun des trois accusés a été criminellement négligent et les trois ont à leur façon causé la mort de ces 47 victimes. D’abord, Jean Demaître, qui occupait les fonctions de directeur des opérations de la MMA au Québec, avait été avisé d’un problème mécanique touchant une locomotive plus tôt dans la même journée et n’aurait pris aucune mesure. Il ne se serait pas préoccupé de laisser le train sans surveillance après l’incendie.

Ensuite, Richard Labrie, responsable de diriger et de superviser la circulation le soir des événements ne se serait pas assuré que le train était suffisamment sécurisé. C’est seulement après le déraillement qu’il aurait demandé à Thomas Harding le nombre de freins apposés. « Cette question survient trop tard », affirme Me Beauchamp.

Enfin, le nombre de freins installés par Thomas Harding pour immobiliser le train auraient été nettement insuffisants. « Un simple test aurait permis de le dire », poursuit-elle.

« À la fin de ce procès, la preuve vous convaincra que Jean Demaître, Richard Labrie et Thomas Harding ont été négligents criminellement. Par leurs actes ou leurs omissions, ils ont significativement contribué à la mort des 47 personnes. Sans ces comportements négligents, la mort de ces 47 personnes ne serait pas survenue. »

Les premiers témoins appelés

Steven Montembeault et Jacques Lafrance de la Sûreté du Québec sont les deux premier témoins policiers qui ont été entendus. Les deux hommes ont été appelés à expertiser la scène de crime le 6 juillet 2013. Ils ont présenté des vidéos et des photos au jury. Le témoignage de M. Lafrance se poursuit lundi après-midi.

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