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Traitement du cancer : un outil de diagnostic plus précis, plus rapide et moins coûteux

L'équipe de médecine nucléaire du CHUS-Fleurimont a développé un nouvel outil pour le diagnostic et le traitement des tumeurs neuroendocrines, une avancée majeure qui suscite la curiosité et l'intérêt du monde médical au Canada.

Cette nouvelle technologie, nommée Dota-tate, a été développée par l'équipe du Dr Eric Turcotte. Elle permet de détecter plus rapidement et avec plus de précision des tumeurs neuroendocrines.

Ces tumeurs se situent, entre autres, dans le pancréas, dans le tube digestif et dans l'estomac. Elles étaient difficiles à détecter avec l'ancienne technologie.

« [Cet outil] permet de voir un cancer initialement presque invisible par les tests d'imagerie conventionnels qui étaient disponibles sur le territoire québécois, souligne le Dr Éric Turcotte. Ça repousse les limites, ça nous permet de localiser l'extension de la maladie d'ordre millimétrique, de voir des petites métastases à des endroits bien cachés. »

Une fois ces métastases découvertes, le traitement de chimiothérapie pourra être adapté. Il sera également possible de mesurer la réponse aux différents traitements afin de savoir si le patient est sur la voie de la guérison.

Le processus s’est également accéléré, car l'examen s'effectue en une seule visite de 25 minutes. Avant, une séance d'imagerie obligeait le patient à séjourner plusieurs jours à l'hôpital.

« Ça permet de savoir s'il est guéri ou s'il n'est pas guéri de son cancer. Ça permet de savoir si la chirurgie que je m'apprête à faire va le guérir », ajoute-t-il.

La technologie était jusqu'ici disponible seulement en Europe et aux États-Unis. Il s'agit donc d'une première au Canada.

Jusqu'à présent 130 patients ont profité de ce neurotraceur unique qui émet moins de radiation et qui est moins dispendieux que les anciens.

Le projet était en développement depuis le début de l'année 2016 dans le but de réduire les délais et les coûts de ces examens.

Des échos hors-Québec

Des hôpitaux de partout au Québec, de l'Ontario et d'ailleurs au Canada veulent envoyer des patients à Sherbrooke. Le financement local était donc insuffisant.

Le gouvernement du Québec a octroyé un financement de 150 000 $ pour permettre l'accès à cette nouvelle technologie à un bassin plus large de gens, ce qui représente 150 examens de patients en provenance d'autres régions.

« On est très chanceux parce qu'avec ça, ils ont découvert que j'avais deux cancers », raconte Gaétan Roy, l'un des patients ayant profité de cette technologie

Le projet pourrait être exporté dans d'autres villes. Des discussions sont déjà en cours avec d'autres provinces.

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