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Un accusé et sa présumée victime à la même école

Une adolescente de l'Estrie affirme avoir été victime d'une tentative d'agression sexuelle en pleine nuit, alors qu'elle dormait chez elle. Un jeune a été arrêté dans cette affaire, mais le problème, selon la victime : la personne accusée et elle se retrouvent à la même école.

Un texte de Louis-Philippe Ouimet

Marie, un nom fictif, vit un cauchemar depuis l'été dernier. Tout a basculé alors qu'elle dormait. En pleine nuit, un jeune homme l'aurait réveillée, masqué. « J'étais toute seule dans ma maison, puis je me suis réveillée. Il était dans mon cadre de porte. Il m'a séquestrée. Il était par-dessus moi », confie-t-elle.

Cinq accusations

Un adolescent a été arrêté et il doit répondre à cinq chefs d'accusation, dont port d'arme dans un dessein dangereux, séquestration et introduction par effraction avec l'intention d'y commettre un acte criminel. Il doit respecter une série de conditions dont celle de ne pas communiquer directement ou indirectement, de fréquenter ou de se trouver en présence physique de la présumée victime.

À la même école

À la rentrée scolaire, Marie réalise que son cauchemar continue. L'accusé va toujours à la même école et elle le croise souvent.

« Quand je vais le regarder, raconte Marie, il va me regarder jusqu'à ce que je détourne le regard. »

Selon sa mère, les notes scolaires de Marie dégringolent et elle a de la difficulté à se concentrer. « Ça devient insupportable, on est en train de vivre et de revivre la situation de cet été », dit la mère de Marie.

Marie et sa mère souhaitent que le présumé agresseur change d'école.

La Commission scolaire de la région de Sherbrooke dit cependant que les conditions imposées par la cour ne sont pas suffisantes. « Après vérification avec les procureurs de la Couronne, il n'y a pas d'interdiction de fréquenter la même école. Il n'y a pas d'interdiction de se trouver à tant de mètres de l'élève. Il n'y a pas de supervision scolaire, mais il y a une interdiction d'avoir une présence physique. Ça veut dire que l'élève ne doit pas aller voir l'autre élève et qu'on doit assurer une vigilance », explique Carl Mercier, le directeur général adjoint à l'administration de la commission scolaire.

Changer d'école?

Marie pense que ce n'est pas à elle de changer d'école, mais plutôt à l'accusé de le faire.

Pour le regroupement québécois des centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel, il y a là tout un débat. « Je pense que ce cas-là illustre jusqu'à quel point encore le système de justice manque de sensibilité par rapport aux victimes d'agressions sexuelles », affirme la coordonnatrice Nathalie Duhamel.

Marie n'est pas au bout de ses peines. Le processus judiciaire commence à peine et la date pour le procès n'est pas encore fixée.

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