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Un autre début de saison hâtif pour les acériculteurs

« C'est exceptionnel cette saison-ci. C'est la première fois que je vois ça en 18 ans », lance d'emblée Martin Fournier, employé de la cabane du Picbois de Brigham.

Les saisons « exceptionnelles » se succèdent au Québec depuis trois ans. Le mercure grimpe au-dessus de zéro dès le mois de février et les érables commencent à couler. Et cette année, difficile même de laisser ses traces sur la neige au moment de collecter l’eau sucrée.

« On marche et c’est sec. On voit des brindilles par terre. C’est à peine si on ne souffle pas les feuilles et qu’on voit le gazon qui pousse », poursuit l’acériculteur.

Le copropriétaire de la cabane du Pic Bois, André Pollander, fait le même constat. La saison est arrivée étonnamment tôt cette année. « J’ai déjà 30 % de ma production de fait et normalement, on n’est même pas encore entaillés », observe-t-il.

« En 1990, on tournait entre le 8 et le 12 mars normalement qu’on réussissait à entailler, mais cette année ça a été très, très hâtif. Le 16 février on était à entailler nos érables et on récolte depuis ce temps-là », se réjouit-il.

Une tendance qui se dessine

Il n’y a pas que les acériculteurs qui remarquent que la saison prend de plus en plus d’avance. Dans une étude publiée en 2015, le chercheur Daniel Houle, du centre Ouranos, a analysé les impacts des changements climatiques sur la production de sirop d’érable au Québec.

« Ce qu'on prédit en fait, c'est qu'on va avoir un déplacement du début de la période de coulée d'environ 2 à 3 semaines », estime-t-il. Le temps de coulée cependant devrait rester le même.

Pour André Pollender, ces changements sont les bienvenus pour l’instant.

Encore faut-il que le rythme se maintienne au cours des prochaines semaines. « Ça prédit une très bonne année, mais on saura le dire après la saison parce que ça peut s’arrêter, ça peut tourner trop froid ou trop chaud. »

Un rappel finalement que c’est toujours Mère nature qui a le dernier mot. « Je ne suis pas devin, mais si c’est de plus en plus tôt, on va faire avec! »

Avec les informations de Marion Bérubé

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