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Un client surpris à se promener avec un boa au Costco de Sherbrooke

On peut trouver de tout dans les allés d'un Costco, même un boa! C'est ce qui est arrivé à une mère de famille, lundi, alors qu'elle a croisé un homme qui se promenait avec un tel serpent au magasin entrepôt de Sherbrooke. Une situation qui a créé un certain émoi de la part des clients qui ont également été témoin de la scène.

Un texte de Geneviève Proulx

La bête, qui mesure un mètre de long, était enroulée autour du cou de son propriétaire. Comme son col de manteau était relevé, le serpent n'était pas si visible des autres clients. Toutefois, une adolescente l'a aperçu et l'a dit à sa mère qui s'est empressée d'aller discuter avec le propriétaire du reptile appelé Rosita.

Dès lors, l'homme a enlevé le serpent de son cou pour le prendre dans ses mains. « Il m'a même offert de le prendre! J'ai refusé, mais je lui ai demandé de prendre une photo. Je trouvais ça tellement inusité! Il faisait son épicerie comme d'autres le font avec un chien dans leur sacoche! », a raconté Anik Moulin qui est également journaliste à Radio-Canada.

La présence de Rosita a suscité la curiosité de plusieurs, mais d'autres ont eu peur. « Une dame a crié qu'elle allait faire une syncope. Plusieurs étaient dégoûtés. Ce n'est pas passé du tout inaperçu! C'était très polarisant comme situation », a-t-elle analysé.

Selon elle, le client savait qu'il ne devait pas se trouver à cet endroit avec son serpent.

Costco pas au courant

« Nous n'en avons pas entendu parler. Toutefois, c'est interdit d'entrer avec un animal dans un Costco. La direction du Costco de Sherbrooke n'a pas été mise au courant de l'incident », indique le porte-parole de Costco, Ron Damiani.

Il invite les clients qui seraient témoin de la présence d'animaux dans un Costco d'en aviser la direction.

Illégalité?

À Sherbrooke, c'est la Société protectrice des animaux de l'Estrie (SPA) qui est chargée d'appliquer le règlement municipal concernant les animaux. Pour l'organisme, il ne fait aucun doute que ce propriétaire se trouvait dans une situation illégale en se promenant avec un boa autour du cou.

« C'est illégal de posséder un animal qui excède 2 m à maturité. Dans le cas des boas, ça dépend de la sous-espèce. Certains auront 1,5 m alors que d'autres mesureront 3,5 m. Alors, il faudrait faire des tests pour le savoir. Par contre, c'est interdit de se promener avec un animal, peu importe lequel, en dehors de son unité d'habitation sans laisse », soutient la porte-parole de l'organisme, Geneviève Cloutier.

Cette dernière soutient toutefois que dans les lieux privés, comme un magasin, c'est la direction de l'endroit qui décide si elle accepte ou non la présence d'un tel animal.

Les contrevenants s'exposent à une amende de 50 $. « Il devra également se départir de l'animal dans les 15 jours. On rappelle aux gens qu'ils peuvent porter plainte en tout temps à la SPA lorsqu'ils sont témoins d'une telle chose », dit-elle.

Mauvaise idée

Sortir un boa en public en hiver est une idée assez « stupide » soutient le propriétaire du Refuge de Buzz de Sherbrooke. « Il fait trop froid pour les serpents. Nous, on maintient la température à 27 degrés Celcius pour qu'ils soient confortables. C'est une bibite de salon, pas une bibite que tu promènes dans la rue! C'est une façon de le faire souffrir », soutient Jean Rouleau.

Ce dernier affirme toutefois que les boas ne sont pas du tout dangereux pour les humains. « Un boa, ce n'est pas venimeux et on est trop gros pour qu'il gaspille de l'énergie pour tenter de nous manger. Le pire qu'il peut arriver, c'est qu'il mordre pour nous signifier qu'on est sur son territoire. Règle général, un boa dont on s'occupe bien, c'est assez docile. »

Chose que confirme le propriétaire de Rosita qui a affirmé à la mère de famille qu'il dort avec depuis qu'il l'a, « qu'elle est très gentille et très chouette ». 

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