Estimé à 10 millions de dollars le mois dernier, le déficit du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l'Estrie-CHUS s'est finalement établi à 14,3 millions de dollars au terme de son année financière.

Un texte de Charles Beaudoin

Les états financiers ont été présentés jeudi soir, lors du conseil d'administration du CIUSSS de l'Estrie-CHUS. Un changement dans les subventions provenant du gouvernement explique la différence, mentionne le directeur des ressources financières et de la logistique, Pierre-Albert Coubat.

« On anticipe toujours les sommes qu'on va recevoir du ministère de la Santé. On a environ 8 millions de dollars de coûts liés aux nouveaux médicaments contre le cancer en 2017-2018. Le ministère a été en mesure de nous financer à peu près la moitié. C'est ce qui explique la différence d'un peu moins de 4 millions de dollars », précise M. Coubat.

Ce dernier s'estime toujours capable d'atteindre l'équilibre budgétaire au cours de la prochaine année.

« À l'époque [en février dernier], ce qu'on prévoyait, c'était d'essayer de contenir le déficit entre 20 et 25 millions de dollars, donc c'est de bon augure pour notre objectif. »

Radio-Canada Estrie révélait mardi que le coût des heures supplémentaires avait augmenté de près de 5 millions de dollars au cours de la dernière année au sein du réseau de la santé de l'Estrie, passant de 20 à 25 millions de dollars. Pierre-Albert Coubat signale que le CIUSSS insistera sur la « santé humaine » au cours des prochains mois.

« Chaque jour, c'est 2000 de nos employés qui ne peuvent pas se présenter au travail à la suite d'une maladie ou d'un accident de travail, donc on veut ramener ces gens-là au travail. Les heures supplémentaires, c'est sûr que dès qu'il y a une heure de temps supplémentaire obligatoire où quelqu'un est obligé de rester, c'est une heure de trop. »

« L'augmentation des coûts liés aux absences pour maladie de longue durée, aux heures supplémentaires et à la main-d'oeuvre indépendante, ça représente 20 millions de dollars entre 2015-2016 et 2017-2018. Sans ça, on serait en excédent à l'heure actuelle. »

Le CIUSSS de l'Estrie-CHUS a toutefois fait état de plusieurs améliorations au cours de la dernière année, notamment en ce qui a trait à la « deuxième offre », une mesure qui permet aux patients de subir leur examen dans un établissement moins chargé du réseau. Seulement pour les examens d'imagerie, plus de 1400 personnes ont accepté de se déplacer à Magog, Cowansville et Lac-Mégantic au cours de la dernière année plutôt que d'attendre un rendez-vous à Sherbrooke.

« On a 50 % plus d'Estriens qui acceptent une deuxième offre [pour les examens d'imagerie]. Ça, c'est la preuve que les gens voient que nos spécialistes ont la même compétence partout sur le territoire. Ça permet d'avoir de meilleurs délais d'accès, moins de listes d'attente pour la population et de mettre à profit les plateaux techniques partout. »

Le délai moyen d'attente sur civière dans les huit urgences serait de 13,2 heures, une diminution d'une heure, et le nombre de transports en ambulance aurait chuté de 6500 comparativement à l'an dernier, indique le CIUSSS de l'Estrie-CHUS.

« Il y a plus de 85 % de la population qui a accès à un médecin de famille maintenant en Estrie [...] Ces personnes-là ont été traitées dans les bons milieux », souligne Pierre-Albert Coubat.

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